« L’augmentation du coût entraîne une diminution de l’offre de soins »…Les infirmiers libéraux martiniquais sous pression face à la hausse du prix à la pompe
À la pompe, l’addition devient de plus en plus difficile à encaisser. Depuis le 1er mai, le seuil symbolique des 2 euros le litre pour le gazole a été franchi, accentuant une hausse déjà amorcée depuis plusieurs mois. Si tous les automobilistes sont touchés, certains professionnels n’ont pas d’alternative.
C’est le cas des infirmiers libéraux, pour qui la voiture est un outil de travail indispensable. Donald Dogué en fait l’expérience au quotidien. Tous les trois jours, cet infirmier passe à la pompe pour assurer ses tournées, qui couvrent près de 60 kilomètres et une trentaine de patients chaque jour.
« Aujourd’hui, je suis entre 103 et 106 euros. Donc ça fait quand même presque 15 à 20 euros d’augmentation. »
Donald Dogué, infirmier libéral
Une hausse qui, cumulée sur plusieurs semaines, rogne directement sur son reste à vivre et modifie son équilibre financier.
Le choix de l’électrique
Face à cette flambée des prix, certains professionnels tentent de s’adapter. À Sainte-Marie, Marie-Noël Delannay a fait le choix de passer à la voiture électrique il y a 18 mois. Une décision qu’elle ne regrette pas.
« Je suis passée de 650 euros mensuels de gasoil à à peu près 120-140 euros d’électricité. »
Marie-Noelle Delannay, infirmière libérale
Au-delà du carburant, elle met aussi en avant la baisse des coûts d’entretien, moins fréquents que pour un véhicule thermique.
Un investissement rentable sur le long terme, mais difficilement accessible pour tous. Le coût d’achat reste un frein majeur pour de nombreux infirmiers libéraux.
Hausse des charges et revenus figés
Le problème est d’autant plus préoccupant que les tarifs des actes infirmiers n’ont pas été revalorisés depuis 2009. Résultat : les charges augmentent, mais les revenus stagnent.
Cette situation a des conséquences directes sur l’offre de soins.
« L’augmentation du coût du carburant entraîne une diminution de l’offre de soins. »
Marie-Noelle Delannay, infirmière libérale
Certains professionnels hésitent désormais à se déplacer pour des soins peu rémunérateurs ou situés trop loin.
Des aides insuffisantes ou inaccessibles
Pour atténuer le choc, une aide de 20 centimes par litre existe pour les gros rouleurs. Mais elle est soumise à des conditions strictes qui excluent une grande partie des infirmiers libéraux.
Dans les faits, beaucoup n’y ont pas accès, laissant ces professionnels seuls face à la hausse des coûts. Une situation qui fragilise leur activité et, par ricochet, l’accès aux soins pour les patients sur le territoire.
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