Les mystérieux vols bon marché d’Air Congo vers Bruxelles

Des vols qui disparaissent des sites

Depuis ce lundi, les billets pour ces vols entre Bruxelles et Kinshasa, cinq jours par semaine, étaient pourtant en vente sur le site d’Air Congo et des principaux sites comparateurs de prix. « Étaient » car ils ont soudainement disparu de ces différentes plateformes ce mardi midi.

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Ces vols auront-ils lieu ? L’utilisateur intéressé par ces billets l’aura remarqué : il y avait une petite notice « sous conditions d’approbation gouvernementale » à côté de sa réservation.

Que s’est-il passé ? Tentative d’explication. Comme son nom l’indique, Air Congo est une compagnie de la République démocratique du Congo. Or l’Europe a placé sur sa liste noire toutes les compagnies issues de ce pays : elles sont donc interdites de vol sur le Vieux Continent.

Un montage qui interpelle

Mais il y a une subtilité. Lancée fin 2024, Air Congo a un partenaire de taille, à savoir Ethiopian Airlines, qui détient 49 % de la compagnie contre 51 % pour l’État congolais. Reconnu mondialement, le transporteur éthiopien fournit les avions et toute son expertise à Air Congo qui a lancé ses premiers vols internationaux en mars dernier vers Johannesbourg (Afrique du Sud).

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Ethiopian a un autre gros avantage : elle a l’autorisation de voler en Europe. Les vols d’Air Congo vers Bruxelles avaient ainsi des codes (ET099 et ET098) du transporteur éthiopien, ce qui indique que l’avion, un Boeing 787 Dreamliner, opérant vers la Belgique aurait bien été un appareil d’Ethiopian, avec des équipages de la même compagnie. Ces pratiques de « Wet Lease » (vols ACMI en termes techniques), voire de « partage de codes » sont assez courantes dans l’aérien.

Reste la question des droits de trafic qui, eux, se négocient de pays en pays, donc ici entre la RDC et la Belgique. Selon ces accords, théoriquement une compagnie congolaise a le droit de pouvoir proposer sept vols par semaine de Kinshasa vers Bruxelles, tout comme Brussels Airlines peut le faire dans l’autre sens. Mais ces vols, prévus avec des codes et des avions éthiopiens, étaient-ils encore juridiquement congolais ? C’est peut-être sur cette question que le dossier coince.

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