Chaud, froid : quand les variations de température influencent la mortalité dans les outre-mer

On pourrait croire que sous les latitudes tropicales des départements et régions d’outre-mer, seule la chaleur représente un danger sanitaire. Une étude de Santé publique France, publiée en avril, vient bousculer cette idée reçue. Entre 2014 et 2022, les chercheurs ont analysé plus de 125 000 décès sur cinq territoires ultramarins. En croisant, jour après jour, les données de mortalité avec les relevés météorologiques, ils ont pu estimer la part des décès liés aux variations de température, qu’il s’agisse de froid ou de chaleur.

Ces résultats reposent sur des modèles statistiques, des estimations avec une certaine marge d’incertitude. Mais tout, le résultat est surprenant. Ainsi, la température, même sans épisode extrême, joue un rôle dans la mortalité.

Les risques augmentent quand il fait trop chaud ou trop froid

L’étude montre que les risques de décès augmentent à la fois quand il fait plus froid et quand il fait plus chaud que la normale.

Sur l’ensemble des territoires étudiés, environ 2 300 décès sont attribuables aux températures basses sur la période, contre environ 1 800 liés aux fortes chaleurs. Le « froid » en question ne correspond pas à des gels ou à des températures hivernales comme dans l’Hexagone, mais à quelques degrés en dessous des normales locales. Suffisant, selon les chercheurs, pour fragiliser les personnes les plus vulnérables.

En Guadeloupe, la situation est différente. C’est le territoire des DROM où la chaleur a l’impact le plus fort sur la mortalité.

Des effets différents selon l’âge et le sexe

Les résultats montrent aussi que tout le monde n’est pas exposé de la même manière. Les personnes de 65 ans et plus sont les plus vulnérables aux épisodes de chaleur, tout comme les femmes. À l’inverse, les épisodes de froid touchent davantage les hommes.

En Guadeloupe, ces tendances sont particulièrement visibles. Sur la période étudiée, plus de 31 000 décès toutes causes confondues ont été recensés. Parmi eux, plusieurs centaines sont attribuables aux variations de température. La chaleur apparaît comme un facteur particulièrement important chez les seniors, qui représentent la grande majorité des décès sur le territoire.

Les chercheurs ont aussi identifié une température autour de 29,8 °C où le risque de décès est le plus faible.

Des signaux à prendre en compte

Les auteurs de l’étude rappellent que ces résultats doivent être interprétés avec prudence. Les causes précises des décès ne sont pas détaillées et les estimations comportent une marge d’incertitude, liée à ce type de travaux.

Mais la conclusion est claire : les variations de température, même modérées, ont un impact réel sur la santé dans les outre-mer. Et avec le dérèglement climatique, ces effets pourraient s’accentuer dans les années à venir.

Santé publique France appelle donc à renforcer les systèmes d’alerte, à améliorer les conditions de logement et à faciliter l’accès aux soins, en particulier pour les personnes âgées et les plus vulnérables. Autant de chantiers qui, en Guadeloupe, restent plus que jamais d’actualité.

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