Veste bleue, pantalon beige, Raoul Lebrave se tient droit à la barre du tribunal correctionnel, poursuivi pour harcèlement sexuel à l’encontre d’une ancienne collaboratrice. L’ancien directeur régional de LADOM, l’Agence de l’outre-mer pour la mobilité, entre 2012 et 2021 nie farouchement les faits qui lui sont reprochés, se présente comme un manager accompagnant, à l’écoute, « je sais me tenir en société« , répète-t-il à plusieurs reprises. Pour lui, toute cette affaire se résume à une cabale syndicale.
Une version largement mise à mal par l’un des deux témoins cités par la défense. Cette jeune agente d’accueil à l’époque des faits décrit un manager au comportement lourd, tactile, qui est allé jusqu’à lui envoyer une photo de son pénis. « Toutes les filles qui travaillaient à LADOM faisaient soi-disant partie du harem de Raoul Lebrave, moi j’ai toujours refusé.«
Autre témoin, Jean-Claude Degras, l’un des prédécesseurs de Raoul Lebrave à la tête de LADOM, dresse, lui, le portrait de la victime, celui d’une excellente collaboratrice qu’il avait lui-même recrutée en 2004. « Aujourd’hui, j’ai l’impression que l’on a tué Peggy« , visiblement toujours traumatisée.
La victime explique à la barre la douleur quotidienne que représentaient les blagues à caractère sexuel, les gestes déplacés, la main dans les cheveux ou dans la nuque, l’angoisse de venir travailler et également la honte d’avoir caché dans un premier temps la situation à son mari. « Ça a détruit ma vie, aujourd’hui je veux être protégée car j’ai toujours peur de cet homme.«
Rappelé à la barre, Raoul Lebrave maintient sa version des faits et accuse le premier témoin et la victime d’avoir menti à la barre. La parole est désormais aux avocats de la partie civile.
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