La France rapatrie ses dernières réserves d’or détenues aux États-Unis, réalisant un gain de 15 milliards de dollars
En bref
La Banque de France met fin à la détention d’or aux États-Unis avec le rapatriement de 129 tonnes.
L’opération s’inscrit dans une modernisation des lingots selon les standards internationaux.
Les ventes et rachats opérés entre 2025 et 2026 ont généré environ 13 milliards d’euros de plus-value.
Les réserves françaises restent stables à 2 437 tonnes, désormais entièrement stockées à Paris.
Une partie des stocks doit encore être mise aux normes d’ici 2028.
Un rapatriement historique des réserves françaises
La Banque de France confirme avoir finalisé le retrait de l’intégralité de l’or encore conservé à la Federal Reserve Bank of New York. Cette opération concerne 129 tonnes, soit près de 5 % des réserves nationales.
Ce mouvement met un terme à une présence entamée à la fin des années 1920, lorsque une partie des avoirs français était stockée aux États-Unis pour des raisons de liquidité et de sécurité dans le système monétaire international.
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Héritage de bretton woods et stratégie de long terme
La dynamique de rapatriement ne date pas d’hier. Elle remonte aux années 1960, période marquée par les tensions monétaires ayant précédé la fin du Bretton Woods system. La suspension de la convertibilité du dollar en or par les États-Unis a profondément modifié la gestion des réserves des banques centrales.
Malgré ce basculement, une fraction limitée de l’or français était restée à New York jusqu’à récemment, traduisant une approche progressive plutôt qu’un retrait brutal.
Modernisation des lingots et arbitrage financier
Depuis deux décennies, la Banque de France mène une politique de transformation qualitative de ses réserves. Les lingots anciens ou ne respectant pas les standards actuels du marché ont progressivement été remplacés par des barres conformes aux normes internationales.
Entre juillet 2025 et janvier 2026, l’institution dirigée par François Villeroy de Galhau a accéléré ce processus. Plutôt que de rapatrier physiquement les lingots stockés aux États-Unis, la banque a opté pour une stratégie financière plus efficace : vendre ces actifs sur place, puis racheter des lingots équivalents sur le marché européen.
Ce choix a permis de tirer parti de la hausse du cours de l’or, générant une plus-value estimée à 13 milliards d’euros. Le résultat net de l’institution ressort ainsi à 8,1 milliards d’euros pour 2025, après une perte de 7,7 milliards un an plus tôt.
Des réserves intactes mais désormais centralisées
Le volume global des réserves d’or françaises reste inchangé, à hauteur de 2 437 tonnes. La différence tient désormais à leur localisation : l’ensemble est conservé dans les coffres souterrains de la Banque de France à Paris.
Cette centralisation renforce le contrôle direct sur les actifs stratégiques, tout en simplifiant leur gestion opérationnelle.
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Un chantier encore en cours jusqu’en 2028
Une partie du stock, soit environ 134 tonnes, nécessite encore une mise aux normes. La Banque de France prévoit d’achever cette transformation d’ici 2028, poursuivant ainsi son alignement avec les exigences du marché international.
L’opération s’inscrit dans une logique technique et patrimoniale, sans orientation politique affichée, selon les déclarations de son gouverneur.
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