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C’est avec le sentiment du devoir accompli que Jean-Pierre Ouellet terminera sa longue carrière de politicien au terme des prochaines élections municipales.
Pendant un demi-siècle, cet enseignant de formation s’est impliqué dans l’arène politique. Il a commencé son aventure en 1974 alors qu’il est élu député du Parti progressiste-conservateur dans la circonscription Madawaska-les-Lacs à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick. Il conserve ce poste jusqu’en 1987.
Pendant cette période, il a rempli plusieurs fonctions au sein du gouvernement de Richard Hatfield, dont celles de ministre de la Jeunesse, des Sports et du Loisir; ministre des Ressources historiques et culturelles; ministre de l’Éducation et ministre responsable de la francophonie et des ententes interprovinciales et internationales.
Il a aussi fait partie du comité organisateur du premier sommet francophone tenu à Paris en 1985 et ensuite à Québec en 1987.
Défait aux élections de 1987, il a poursuivi sa carrière en tant que consultant en relations d’affaires, relations gouvernementales et en transfert de technologie.
M. Ouellet a tenté un retour en politique en se présentant aux élections fédérales de 2006 et de 2008. Il a été défait dans les deux occasions.
Jean-Pierre Ouellet connait un peu plus de succès une dizaine d’années plus tard, alors qu’il est élu, en 2017, comme premier maire de la Communauté rurale de Haut-Madawaska, résultat de la fusion des anciens villages de Clair, Baker-Brook, Saint-Hilaire et Saint-François, avec les districts de services locaux environnants.
Même après le regroupement 2023, qui a vu l’ajout de Lac-Baker au reste de la municipalité de Haut-Madawaska, M. Ouellet était fidèle au poste.
Chanceux d’avoir été impliqué en politique
Pour le principal intéressé, il s’agit d’une chance inouïe qu’il a eue de connaître une carrière de la sorte dans le monde de la politique.
«J’ai toujours eu un intérêt pour la vie politique et l’engagement social, même avant d’être élu député (…) J’ai toujours eu le désir d’améliorer la qualité de vie des gens et de participer activement à la société.»
Il ne manque pas de moments marquants dans son coffre à souvenirs. Il en a souligné quelques-uns.
Il s’est notamment dit fier d’avoir participé, en tant que député provincial, à l’essor de la région du Haut-Madawaska dans l’industrie avicole.
Les défis entourant le développement d’une industrie du poulet comme on la connaît aujourd’hui dans le Haut-Madawaska ont été nombreux, a raconté M. Ouellet.
Il a aussi eu l’occasion de s’impliquer dans le dossier de l’Université de Moncton, dans les années 70. Le travail qui a mené au rapport LeBel, a restructuré l’enseignement supérieur au Nouveau-Brunswick et a notamment mené à la création de la nouvelle Université de Moncton avec ses trois campus de Moncton, Edmundston et Shippagan.
«J’avais mis mon poste de ministre et de député en jeu à l’époque pour m’assurer que les revendications des francophones soient reconnues au niveau du gouvernement.»
Évidemment, il reconnaît que le contexte dans lequel il s’est retrouvé dans les années 70 et 80, en comparaison à ce qu’il a vécu plus récemment au poste de maire de Haut-Madawaska, est bien différent.
«Aujourd’hui, avec tout ce qui se passe sur les réseaux sociaux, ça devient de plus en plus compliqué. La désinformation circule, ce qui rend notre travail encore plus exigeant.»

Passer le flambeau
«Les temps changent, le monde évolue avec les nouvelles technologies et il était temps de laisser ma place à des gens qui ont de nouvelles idées et plus d’énergie», mentionne M. Ouellet pour expliquer sa décision de mettre un terme à sa carrière en politique.
Il laisse sa place à sa maire adjointe Nancy Ann Landry qui a été élue par acclamation, avant même la soirée électorale du 11 mai. Il s’agit de la première fois depuis la fusion de 2017, que la ville de Haut-Madawaska aura une autre personne que Jean-Pierre Ouellet au poste de maire.
Après près d’une décennie à la mairie de Haut-Madawaska, ce dernier a exprimé un sentiment du devoir accompli, alors que l’un des objectifs du regroupement – créer une identité propre au Haut-Madawaska, tout en gardant les particularités de chaque communauté – a été atteint.
«Je crois que chaque secteur a gardé son identité et sa culture, ce qui fait en sorte que le Haut-Madawaska est ce qu’il est aujourd’hui. Ça a créé des défis, mais j’estime que le conseil et les employés municipaux ont réussi à faire du Haut-Madawaska un modèle, particulièrement lorsqu’est venu le temps de mettre la réforme de la gouvernance locale en place en 2023.»
Il a aussi envoyé un message aux prochains membres du conseil municipal, indiquant que la municipalité sera entre bonnes mains.
«Ils ont de l’expérience, ils connaissent les défis, les besoins et les réalités de notre communauté. On a aussi de bons employés qui ont une connaissance approfondie de tous les dossiers. Je n’ai aucune crainte que la ville de Haut-Madawaska saura sortir son épingle du jeu.»
Maintenant que sa carrière en politique est terminée, Jean-Pierre Ouellet consacrera un peu plus de temps à sa famille.
«Je veux surtout passer le plus de temps possible avec mes petits-enfants avant qu’ils deviennent des adultes et aient moins de temps pour voir grand-papa et grand-maman.»
À la demande de sa famille, il évalue également la possibilité de rédiger ses mémoires personnelles et professionnelles.
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