Des citoyens veulent poursuivre l’usine de Covered Bridge Potato Chips

Les habitants d’une ville du Nouveau-Brunswick envisagent d’intenter une action en justice contre une entreprise de fabrication de croustilles très populaire qui, selon eux, a détérioré leur quartier en raison du bruit, des odeurs et du trafic.

Dans un communiqué publié mercredi par leur avocat, Basile Chiasson, ce groupe de 17 habitants affirme que l’usine, ouverte en septembre dernier, a causé des perturbations importantes et persistantes à leur qualité de vie et à leurs habitations.

Ces allégations interviennent moins d’un an après l’ouverture par Covered Bridge Potato Chips de sa nouvelle usine à Woodstock, au Nouveau-Brunswick, à la suite d’un incendie qui a détruit son usine d’origine située à Waterville, non loin de là.

Me Chiasson a indiqué que chaque résident avait déposé une demande pour porter l’affaire devant la Commission de révision des pratiques agricoles, qui doit être informée avant qu’une action en justice puisse être intentée contre une entreprise du secteur agricole.

Robert Harrison, l’un des résidents, a expliqué dans un communiqué que leur objectif était d’empêcher ce qu’il a qualifié d’intrusion industrielle excessive dans des quartiers établis depuis longtemps.

L’usine de Covered Bridge Potato Chip n’est tout simplement pas au bon endroit, a affirmé M. Harrison.

Me Chiasson a expliqué que les résidents pensaient initialement que le nouveau site de l’entreprise à Woodstock serait temporaire. Il s’est depuis transformé en installation permanente au sein du parc industriel de Woodstock, une zone située à proximité d’un quartier résidentiel.

L’avocat a ajouté que la commission de révision déterminerait si elle disposait de la compétence pour traiter cette affaire ou si celle-ci devait être portée devant la Cour du Banc du Roi.

Covered Bridge Potato Chips n’a pas répondu à une demande de commentaires mercredi.

Bill Hogan, député de la région de Woodstock, a indiqué avoir rencontré les habitants l’année dernière et avoir bon espoir que les propriétaires, l’entreprise de croustilles et la Ville parviennent à trouver une solution. Il est regrettable qu’ils n’aient pas pu trouver un compromis pour éviter d’en arriver là, a-t-il déclaré mercredi à La Presse Canadienne.

Le député de Woodstock-Hartland, Bill Hogan, doute que l’usine puisse déménager. Il a espoir que l’entreprise et les citoyens trouvent une solution. (Photo d’archives)

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Le député progressiste-conservateur a précisé qu’il ne s’attendait pas à ce que Covered Bridge finisse par quitter Woodstock, quelle que soit l’issue de l’affaire.

L’investissement est considérable, je ne pense donc pas que ce soit réaliste, a-t-il expliqué, ajoutant qu’il y aurait de l’amertume dans tous les cas.

Nombreux griefs

Au cours des derniers mois, les habitants ont créé un groupe de pression appelé Our Town, Our Voice et ont fait part de nombreuses préoccupations au conseil municipal de Woodstock afin de trouver une solution.

Ils ont, par exemple, fait valoir que l’activité de l’usine était trop importante pour une zone de la ville réservée à l’industrie légère. Mais lors d’une réunion du conseil municipal en novembre dernier, l’administrateur en chef de la Ville, Allan Walker, a affirmé que l’entreprise répondait aux critères établis pour l’industrie légère par l’Agence internationale de l’énergie.

Les habitants ont également critiqué Covered Bridge pour avoir abattu des arbres dans une zone tampon de cinq mètres autour de l’installation, selon un résumé exécutif rédigé par M. Walker l’année dernière.

Woodstock exige que les terrains commerciaux situés à proximité de zones résidentielles soient dotés d’une zone tampon composée d’arbres, de haies ou d’une clôture.

Dans une note adressée au conseil municipal en date du 28 avril, M. Walker a indiqué que Covered Bridge s’occupe de l’installation de clôtures et de l’aménagement paysager de la zone tampon autour de sa propriété.

Une étude sur les émissions sonores en cours

Quatre personnes vivant à proximité de l’usine de croustilles se sont plaintes du bruit et des odeurs, a écrit le responsable administratif de la Ville. Ces préoccupations ont été transmises au ministère de l’Environnement du Nouveau-Brunswick. Une étude sur les émissions sonores était presque achevée, selon la note de service de M. Walker.

Il a écrit que les améliorations prévues devraient réduire considérablement le bruit causé par l’usine.

Les tentatives effectuées mercredi pour joindre certains des résidents mentionnés dans la déclaration fournie par leur avocat ont été vaines.

En 2025, la Ville a accordé à Covered Bridge un permis d’agrandissement et son conseil municipal a modifié un règlement de zonage en août dernier afin d’autoriser la transformation alimentaire sur la propriété de l’entreprise.

Le fabricant de croustilles emploie environ 50 personnes sur son site de Woodstock et paie environ 15 500 $ de taxes foncières municipales et provinciales combinées, selon une note de la ville datant d’octobre 2025.

La Ville de Woodstock a déclaré mercredi qu’elle ne pouvait faire aucun commentaire sur une affaire actuellement devant les tribunaux.

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