De la Géorgie à la “Grande Galette” : Sharon Sudu, une ambassadrice inattendue de Marie-Galante

Tout commence à Atlanta, où Sharon Sudu évoque régulièrement Marie-Galante auprès de ses élèves. Sur une carte du monde affichée en classe, elle pointe cette île encore méconnue pour beaucoup.

« Je dis à mes étudiants : est-ce que vous connaissez Marie-Galante ? Et ils répondent non… alors je leur montre. »

Sharon Sudu, professeure de français en Géorgie

Bien avant de la découvrir, elle en parle avec émotion, comme d’un lieu presque magique. Une fascination nourrie au fil des années, jusqu’à une rencontre déterminante avec la Guadeloupéenne Guylène Conquête. De cet échange naît une idée simple mais forte : permettre à Sharon de vivre son rêve.

Cap sur Marie-Galante. À la tombée de la nuit, le bateau fend les eaux et dépose Sharon sur les rives de son rêve. Une arrivée presque irréelle, à la hauteur de ses attentes. « Parce que je trouve que c’est une beauté. Dans ma tête, c’est de la magie », confie-t-elle.

Accueillie chaleureusement, elle découvre peu à peu les paysages de l’île. À Grand-Bourg, à la ferme du Morne Rouge, elle prend le temps d’observer, de comprendre et de ressentir.

« Je vois la mer, la Dominique là-bas… c’est fabuleux. On est en pleine nature. Je suis très reconnaissante. J’ai envie de pleurer. »

Sharon Sudu, professeure de français en Géorgie

Pendant cinq jours, Sharon Sudu vit une immersion totale dans la culture marie-galantaise. Repas traditionnels, rencontres, moments de convivialité… Comme chez la famille Bagassien, autour d’un “kannari kontré”, où l’accueil se fait simple et sincère.

« Ça fait plaisir d’être regroupés, de manger ensemble, surtout avec quelqu’un qui vient de loin », témoigne Enzo, 15 ans.

Un pont entre deux territoires

L’expérience se poursuit au collège Albert Baclet, à Saint-Louis, où un accueil en musique lui est réservé. L’occasion d’esquisser les contours d’un projet d’échanges scolaires entre la Géorgie et Marie-Galante. « L’idée, c’est de commencer par une correspondance, puis d’organiser des voyages », explique Thierry Tagliamento, assistant d’éducation.

Pour Sharon, ces jeunes représentent déjà l’avenir de cette collaboration : « Ce sont eux, le futur de notre échange. »

À ses côtés, Thierry Plumain observe cette aventure avec émotion. Pour lui, cette rencontre dépasse le simple hasard. « Peut-être qu’il y a une histoire commune, un lien ancien entre la Jamaïque et Marie-Galante… »

Au terme de ce séjour, une image reste : celle d’une femme émue, les bras chargés de cadeaux, le cœur rempli de gratitude.

Une joie sincère, presque enfantine. Pour Sharon Sudu, ce voyage dépasse le rêve accompli. Il devient une mission : raconter, transmettre, faire découvrir Marie-Galante à des milliers de kilomètres. Et peut-être, comme elle le dit elle-même, que ce n’est pas elle qui a choisi l’île mais bien l’île qui l’a choisie.

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