Les pêcheurs de homard de la zone de pêche 23 doivent demeurer à quai, en attendant qu’une date d’ouverture de la saison soit fixée par Pêches et Océans et les intervenants du milieu de la pêche.
La zone de pêche 23 inclut la moitié sud de la baie des Chaleurs, toute la côte de la Péninsule acadienne et la baie de Miramichi.
«Des appels téléphoniques avec les représentants des quatre sous-zones auront lieu le vendredi afin d’examiner les prévisions météorologiques en vue d’identifier de nouvelles dates d’ouverture», a fait savoir jeudi la conseillère en communications au MPO pour la région du Golfe, Chantal Roussel.
Plusieurs modifications ont été notées jusqu’à maintenant en rapport à la date d’ouverture.
Le 30 mars, le MPO avait émis un avis annonçant que la saison de pêche au homard débuterait le 30 avril dans la zone 23.
Le 27 avril, à la suite d’une demande de l’industrie, les pêcheurs ont appris que la date d’ouverture pour les sous-zones A, C et D avait été modifiée au 4 mai.
Deux jours après, soit le 29 avril, le MPO a informé les pêcheurs qu’en raison des conditions météorologiques défavorables, la pêche au homard dans la sous-zone 23B n’ouvrirait pas le 30 avril non plus.
Les sous-zones sont établies ainsi: les secteurs aux environs de Dalhousie jusqu’à Stonehaven se trouvent dans la sous-zone A; ceux de Grande-Anse à Petit Shippagan sont dans la B; les pêcheurs de Miscou à Tabusintac font partie de la C; tandis que ceux de Neguac à Escuminac sont dans la D.
«Nous continuons de surveiller les prévisions météorologiques et des conférences téléphoniques auront lieu entre le MPO et les intervenants afin d’assurer une ouverture sécuritaire en fonction des conditions météorologiques et des considérations liées à la sécurité», avait mentionné le MPO dans un avis envoyé aux pêcheurs, le 29 avril.
Des pêcheurs prêts
Il faut dire que Dame Nature n’a pas gâté les pêcheurs ce printemps. Ceux rencontrés mercredi matin à Shippagan et Inkerman ont fait remarquer qu’il faisait encore froid.
Au quai très endommagé de Savoie Landing, là où accostent encore cinq bateaux, le capitaine Mario Chiasson ne s’attend pas à un début de saison fracassant, étant donné la température froide de l’eau.
«C’est pour ça que c’est bon que la saison soit retardée», a-t-il indiqué.
«Quand l’eau est froide, le homard ne bouge pas beaucoup», a pour sa part exprimé la capitaine Suzanne Dedam, au quai d’Inkerman, en faisant noter que l’eau prend du temps à se réchauffer, contrairement à la température ambiante sur la côte.
Son mari, Yvon Dedam, s’attend lui aussi à un début lent en raison de l’eau froide.
Néanmoins, il n’y a pas que la température qui retient l’attention des marins. Ceux rencontrés sont unanimes sur un point: les pêcheurs doivent recevoir de meilleurs prix pour leurs prises.
Selon l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), le prix moyen à la fin de la saison 2025 s’établissait à 7,50$ la livre.
De l’avis des pêcheurs rencontrés, ce prix est insuffisant compte tenu des dépenses devenues élevées.
Au quai d’Inkerman, le capitaine Yvon Dedam aimerait que le pêcheur reçoive entre 8$ et 10$ la livre pour commencer la saison.
«C’est sûr que 10$, c’est rêvé, mais entre 8$ et 9$ ce serait raisonnable, a-t-il reconnu. Il ne faudrait pas qu’aucun pêcheur ne pêche en bas de ça, à cause des dépenses.»
L’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) vise d’ailleurs un prix au débarquement de 9$ la livre pour le homard, une demande jugée excessive par les transformateurs.
Prix du carburant
Le prix élevé du carburant est sur toutes les lèvres des pêcheurs rencontrés.
«Le “fuel” est à peu près une piastre de plus le litre que l’année passée», a fait observer Mario Chiasson.
Il évalue que pour toute la saison, cela occasionnera des dépenses supplémentaires de 15 000$ comparativement à l’année dernière.
De l’autre côté du pont, à Shippagan, Robert Noël a qualifié le prix du carburant «d’exorbitant».
«Hier (mercredi), j’ai mis plus de 600 litres, ça m’a coûté 1350$.»
Sur le même quai d’Inkerman, un peu plus loin, à part quelques tests à faire sur le bateau, le capitaine Mario Noël est prêt à partir vers le large.
Il souhaite connaître une bonne saison avec une belle température. «Si on peut avoir ça au moins pour que ça travaille bien», a-t-il exprimé.
Reste à savoir si le homard sera présent en grande quantité dans les casiers. La capitaine Suzanne Dedam le souhaite, mais il faudra attendre que les premiers débarquements pour le savoir. «C’est une boîte à surprise», a lancé Robert Noël en riant.
Dans la zone 23, chaque bateau de pêche a droit à un nombre maximal de 300 casiers.
La taille minimale légale de la carapace de homard pêché est de 81 mm, sauf dans la sous-zone 23D où elle a été fixée à 79 mm.
«Cette mesure temporaire sera maintenue pour une période de trois ans, explique le MPO. Un projet pilote a été mis en œuvre pour surveiller une partie des débarquements de homards, qui sera assujetti à une surveillance à quai.»
Le MPO prévoit un retour à la taille minimale de 81 mm en 2028 pour la sous-zone 23D.
Les heures de fermeture quotidienne de pêche au homard sont de 21h à 4h dans la zone 23, mais pourraient être différentes à certains quais.
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