Les fermiers reviennent à la charge, armés de tracteurs, de vuvuzelas et de costumes de vache, pour manifester leur désaccord envers la décision du gouvernement Holt de privatiser les services de vétérinaires provinciaux. Les libéraux ne semblent pas avoir changé d’avis sur la nécessité de couper ce financement.
Les fermiers n’en sont pas à leur première manifestation contre la privatisation des services provinciaux qui permettent de soigner leurs animaux d’élevage. Une poignée d’entre eux sont venus manifester à Fredericton en mars.
Mais cette fois-ci, ils sont venus par centaines pour se faire entendre devant l’Assemblée législative, et ont fait assez de bruit pour que les députés puissent les entendre alors qu’ils participaient à la période de questions en chambre.


«Nous voulons être suffisamment bruyants pour qu’ils pensent à nous, à l’impact de cette décision, et au fait qu’il y a beaucoup de gens ici qui ne sont pas contents», dit Danielle Connell, présidente de l’Alliance agricole du N.-B.
À l’intérieur, le ministre de l’Agriculture, de l’Aquaculture et des Pêches, Pat Finnigan, n’a pas bronché.
«Je peux dire aujourd’hui que nous continuons ce processus de transition», a-t-il dit pendant la période de questions.
Les services de vétérinaires provinciaux seront transférés au secteur privé d’ici le 31 mars 2027. Le gouvernement réalise une étude pour voir s’il devrait aussi transférer le service de laboratoire vétérinaire provincial au secteur privé ou au Conseil de recherche et de productivité, l’organisme de recherche provincial.
Le laboratoire compléterait sa «transition» au plus tard le 31 mars 2028.
Le gouvernement économiserait ainsi environ 4 millions $ par an. C’est l’une des seules coupes annoncées par le gouvernement Holt pour tenter de maîtriser son déficit de l’ordre de 1,4 milliard $.
La première ministre Susan Holt, qui a rencontré quelques manifestants jeudi matin, a affirmé à des journalistes qu’elle veut s’assurer que les fermiers auront toujours accès à des vétérinaires privés.


«Nous allons garantir aux gens qu’ils vont avoir les services vétérinaires dont ils auront besoin le 1er avril, et nous devons faire le travail pour nous assurer que ce sera le cas.»
Cindy Howe, propriétaire d’une ferme laitière dans la région de Fredericton, a des inquiétudes par rapport à la durabilité des services vétérinaires après ces coupes, malgré le ton rassurant adopté par le gouvernement. Elle croit que bon nombre des vétérinaires provinciaux ne voudront pas travailler au privé, et dit qu’une vétérinaire provinciale a déjà annoncé qu’elle quittera la province à la fin de l’été.
«Le gouvernement ne parle pas aux vétérinaires. Plusieurs d’entre eux ne vont pas rester. Ils ne veulent pas gérer une entreprise, ils veulent juste être des vétérinaires.»


Elle explique que les producteurs laitiers doivent être accrédités pour pouvoir exercer leur métier, et qu’ils ont besoin des vétérinaires pour ce service.
«C’est un service essentiel pour nous, et nous n’avons pas confiance qu’ils ont un plan différent pour l’avenir», dit Cindy Howe.
Mike Pauley est vice-président de l’Atlantique pour l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada, le syndicat qui représente les vétérinaires provinciaux. Il accueille mal la décision du gouvernement de privatiser ce service, et espère qu’il changera d’avis.
«Nous avons un effectif complet de vétérinaires en ce moment. Le moment ne pourrait pas être plus mal choisi pour prendre cette décision, parce que le service fonctionne et fonctionne bien.»


Un calcul politique, selon Glen Savoie
Le chef progressiste-conservateur par intérim, Glen Savoie, croit que la décision de couper ce service est la somme d’un calcul politique du gouvernement, puisqu’il s’agirait d’une façon d’économiser sans perdre trop de votes aux prochaines élections.
«Le gouvernement pense qu’il n’y a pas beaucoup de fermiers, ils comptent peut-être pour des milliers de personnes, ce n’est pas un gros montant de gens, alors on peut prendre une décision comme couper l’argent pour le service de vétérinaires sans effet sur nos chances dans la prochaine élection», résume-t-il.
David Coon, le chef du Parti vert, espère que le gouvernement rebroussera chemin.
«C’est tellement important d’avoir une manifestation aujourd’hui. C’est un enjeu de services publics pour le secteur de l’agriculture, pour les fermiers.»
Il soutient qu’il trouverait inacceptable de confier ces services à une entreprise du secteur privé.
Nous avons demandé à parler au ministre Pat Finnigan mercredi midi, mais il ne s’est pas rendu disponible.


Fredericton, le 3 juin 2026

Crédit: Lien source
Les commentaires sont fermés.