A Challans, ce couple s’est spécialisé dans l’élevage d’alpagas, ces animaux venus d’Amérique du Sud

Agnès Lepage et son mari ont choisi de réduire leur activité. Dans leur ferme située à Challans (Vendée), ils se consacrent uniquement aux alapagas, animaux originaires d’Amérique du Sud. « Nous avions aussi des chevaux. Aujourd’hui, l’idée est d’avoir une structure plus petite et de profiter davantage de la retraite », explique l’éleveuse de 60 ans, dont le troupeau compte une vingtaine d’alpagas répartis sur trois hectares.

Passionnée d’élevage depuis toujours, elle n’est pourtant pas issue du milieu agricole. Après avoir parcouru la France et l’Europe pour travailler auprès de professionnels du cheval, elle découvre les alpagas grâce à son fils, lors de la visite d’un élevage. Les premiers animaux arrivent en 2016, avant son installation en Vendée en 2018.

Une fibre rare et précieuse

Contrairement au lama, souvent confondu avec lui, l’alpaga est élevé avant tout pour sa fibre. Chaque printemps, un tondeur professionnel breton se rend à la ferme de la Frairie pour retirer environ 4 kg de laine par animal. La fibre est ensuite triée puis envoyée dans une microfilature italienne où chaque toison est transformée séparément afin de conserver la traçabilité de chaque alpaga.

Il faut ensuite près de deux ans et demi pour obtenir un produit fini. écharpes, bonnets, bandeaux ou mitaines sont confectionnés en 100 % alpaga, une fibre noble considérée comme l’équivalent du cachemire.

L’élevage produit peu de naissances, trois à cinq par an au maximum. « Le but n’est pas de faire des bébés à tout prix », insiste l’éleveuse.

La canicule a éprouvé le troupeau

L’épisode de fortes chaleurs de la fin juin n’a pas été sans conséquences. Un jeune alpaga, né en pleine canicule, n’a pas survécu.

Personne n’est préparé à des températures de 43 degrés, encore moins le jour où l’on vient au monde.

Agnès Lepage

Malgré leur toison, les alpagas supportent généralement bien la chaleur, leur fibre jouant un rôle de régulateur thermique, à condition d’être tondus avant l’été.

Pendant plusieurs jours, l’éleveuse a installé des ventilateurs, multipliés les arrosages et laissé les animaux accéder librement aux bâtiments ou aux zones ombragées. « Cette fois, ils ont tenu. Mais si ce type d’épisode durait plusieurs semaines, je ne suis pas certaine qu’il n’y aurait pas d’autres pertes. »

Une réglementation encore floue

En France, l’élevage d’alpagas reste peu encadré. L’espèce ne bénéficie pas d’une réglementation spécifique, ce qui complique notamment les déplacements des animaux et leur suivi sanitaire.

Les éleveurs doivent composer avec des procédures parfois inadaptées, tandis que les vétérinaires spécialisés restent rares. « Le plus compliqué, c’est de trouver un vétérinaire qui accepte de se former à l’animal », souligne Agnès Lepage.

Un engouement qui appelle à la vigilance

L’alpaga séduit de plus en plus de particuliers, mais Agnès Lepage met en garde contre les achats impulsifs. « Tout le monde peut en détenir, à condition de se former », rappelle-t-elle. Animal grégaire, il doit vivre en troupeau et nécessite des connaissances spécifiques.

L’éleveuse déplore aussi la multiplication d’annonces sur Leboncoin, avec des animaux parfois vendus trop jeunes ou sans accompagnement. « On trouve des alpagas à 500 €, alors qu’un animal réformé se vend plutôt entre 1500 et 2000 €. »

Selon elle, ce prix plus élevé permet aussi de s’assurer que l’achat est mûrement réfléchi et que les futurs propriétaires connaissent les besoins de l’espèce.

Première sortie à la Foire des Minées

En septembre, deux mâles participeront pour la première fois à la Foire des minées, aux côtés des bovins et des moutons. Habitués au concours de beauté auquel participe régulièrement l’éleveuse, ils voyageront en van et évolueront dans un grand enclos.

Animal calme mais naturellement méfiant, les visiteurs pourront s’approcher sans les toucher, au risque de prendre un crachat en retour.

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