L’épidémie d’Ebola continue d’évoluer de manière complexe au Congo.

L’épidémie actuelle, annoncée le 15 mai, diffère des précédentes car il n’existe aucun vaccin ni traitement homologué contre la souche Bundibugyo du virus Ebola. En très peu de temps, le nombre de décès a dépassé les 1 000, une progression plus rapide que pour toute autre épidémie d’Ebola jamais enregistrée. À titre de comparaison, la plus grave épidémie d’Ebola survenue en Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016 avait mis environ huit mois pour atteindre le cap des 1 000 décès.

Des membres du personnel médical désinfectent le cercueil d’un patient décédé d’Ebola au centre de traitement d’Ebola de l’hôpital général de Bunia, dans la province d’Ituri, en République démocratique du Congo. Photo : AP

Les conflits et l’opposition des communautés entravent les efforts de lutte contre l’épidémie.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) avertit que l’ampleur réelle de l’épidémie pourrait être deux à quatre fois supérieure aux chiffres officiels. De nombreux foyers restent difficiles d’accès en raison des combats entre l’armée et les groupes armés.

Ebola est une maladie infectieuse rare mais très contagieuse qui peut se propager par contact avec des fluides corporels tels que le sang, les vomissements ou le sperme, et qui peut être mortelle si elle n’est pas traitée rapidement.

Les autorités sanitaires indiquent qu’environ 80 % des nouveaux cas surviennent en dehors des chaînes de transmission établies, ce qui montre que l’épidémie se propage plus vite que la capacité du secteur de la santé à retracer les contacts.

La lutte contre l’épidémie s’est également heurtée à de nombreux obstacles, certaines communautés s’opposant aux équipes d’inhumation sécurisées, souhaitant maintenir les rituels funéraires traditionnels, ce qui augmentait le risque de propagation de la maladie.

Selon Robert Ndjalonga, chef de la protection civile de la province d’Ituri, de nombreux convois funéraires ont besoin d’escortes de sécurité pour garantir la sécurité des inhumations. Par ailleurs, les pénuries de matériel et de personnel continuent de ralentir le traitement des décès.

Par ailleurs, les attaques contre les établissements de santé et le personnel mobilisé face à la pandémie ont contraint de nombreuses organisations humanitaires à se retirer de certaines zones. Certains soignants se sont mis en grève car ils n’ont pas été payés depuis le début de l’épidémie.

Les efforts déployés pour contrôler l’épidémie se heurtent à de nombreux obstacles.

Un travailleur humanitaire impliqué dans la lutte contre l’épidémie a déclaré que la coordination entre les agences était inefficace, que le transfert des patients vers les centres de traitement était retardé et que de nombreuses personnes devaient attendre plus de quatre jours pour obtenir les résultats de leurs tests Ebola. Selon cette personne, ces retards ont poussé certains patients à quitter les établissements de santé avant d’être diagnostiqués, augmentant ainsi le risque de contamination au sein de la communauté.

Le Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) signale que moins de 9 % des personnes ayant été en contact avec des individus infectés font actuellement l’objet d’un suivi complet, un chiffre bien inférieur au seuil nécessaire pour maîtriser l’épidémie. Par ailleurs, plus de 60 % des décès surviennent au sein de la communauté avant que les patients puissent accéder aux services médicaux.

Pierre Akilimali, responsable de la riposte à Ebola à l’Institut national de santé publique du Congo, a noté que le nombre élevé de décès au sein des communautés indique que de nombreux cas d’infection sont passés inaperçus ou n’ont pas été isolés, permettant ainsi au virus de continuer à se propager.

Les experts avertissent que, sans un renforcement des mesures de riposte, l’épidémie actuelle pourrait devenir l’une des plus graves jamais enregistrées. Selon le modèle de prévision des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), dans le pire des cas, l’ampleur de l’épidémie pourrait atteindre celle de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest de 2014-2016. Toutefois, certains experts estiment ce scénario peu probable, mais la maîtrise de l’épidémie actuelle reste confrontée à de nombreux défis.

Thu Giang (Selon AP)

Source : https://baoquangninh.vn/dich-ebola-tiep-tuc-dien-bien-phuc-tap-tai-congo-3416222.html

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