Énergie : Eni Côte d’Ivoire attribue un contrat de forages offshore à Saipem

L’exploitation offshore devient un axe majeur de la stratégie énergétique ivoirienne. Avec Baleine, sa plus grande découverte d’hydrocarbures, Abidjan mise sur ses ressources offshore pour accroître sa production pétrolière et gazière, renforcer sa sécurité énergétique et soutenir son industrie.

Saipem a annoncé, le 22 juillet, avoir obtenu un contrat de forage offshore d’une valeur d’environ 260 millions de dollars (228 millions d’euros) auprès d’Eni Côte d’Ivoire. L’accord prévoit le déploiement du navire de forage Santorini pour une campagne de développement en mer, dont les opérations sont prévues pour débuter début 2027.

Le contrat comprend un programme ferme de forages sur une période prolongée, avec la possibilité de mobiliser l’unité dans des pays voisins et d’ajouter des périodes optionnelles. Pour Saipem, cette commande améliore la visibilité d’utilisation du Santorini, un navire de forage de 7ᵉ génération, capable d’opérer jusqu’à 3 500 mètres de profondeur.

Même si Saipem n’a pas précisé le champ concerné par cette campagne, l’attribution intervient dans un contexte marqué par l’accélération des investissements offshore d’Eni en Côte d’Ivoire, notamment autour du développement de Baleine.

Baleine au cœur de l’expansion pétro-gazière ivoirienne

Découvert en 2021 par Eni, Baleine est le plus grand gisement d’hydrocarbures identifié en Côte d’Ivoire et la première découverte commerciale majeure réalisée dans le pays depuis 2001. Situé sur les blocs CI-101 et CI-802, à environ 1 200 m de profondeur, le champ est entré en production en août 2023 avant une deuxième phase mise en service fin 2024.

La troisième phase de développement, approuvée en mai 2026 par Eni et ses partenaires Petroci et Vitol, doit permettre de porter la production pétrolière du site de 60 000 à 150 000 barils par jour et les volumes de gaz de 80 à 200 millions de pieds cubes par jour.

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Cette nouvelle étape nécessite d’importants investissements dans les infrastructures sous-marines. Plus tôt en juillet, Eni a notamment attribué à SLB OneSubsea un contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) pour réaliser le maillage sous-marin de 13 puits de Baleine phase 3. Les travaux comprennent notamment la fourniture et l’installation d’arbres de production sous-marins, d’ombilicaux, de manifolds et de systèmes de contrôle.

Un levier pour renforcer le rôle énergétique de la Côte d’Ivoire

Les nouveaux investissements en mer s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à faire des hydrocarbures un moteur du développement énergétique ivoirien. La hausse attendue de la production gazière doit notamment soutenir l’alimentation du secteur électrique, alors que le pays cherche à accompagner sa croissance industrielle.

Présent en Côte d’Ivoire depuis 2015, Eni détient des participations dans plusieurs blocs d’exploration, dont le bloc CI-501 associé au développement de Baleine. Le groupe italien poursuit ainsi la valorisation du potentiel offshore ivoirien après plusieurs années d’exploration.

L’attribution de ce contrat confirme aussi la place de Saipem dans le forage offshore en eaux profondes. Le Santorini avait déjà été utilisé par Eni pour le forage de Calao South, une découverte réalisée en 2026 au large de la Côte d’Ivoire.

Au-delà du contrat de forage, l’opération illustre la poursuite d’un cycle d’investissement destiné à transformer les découvertes en mer récentes en capacités de production. Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu est désormais de convertir ce potentiel en revenus, en approvisionnement énergétique plus sécurisé et en un rôle renforcé dans le paysage énergétique ouest-africain.

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