Le Ghana et le Maroc renforcement leur partenariat stratégique. En effet, les deux pays ont procédé à la signature de 11 accords de coopération, portant notamment sur les services aériens et l’assistance administrative mutuelle en matière douanière, avec l’ambition d’approfondir leurs relations bilatérales, de stimuler les échanges commerciaux et de contribuer à l’accélération de l’intégration économique du continent africain.
Cette série d’accords a été conclue à l’issue de la deuxième session de la Commission mixte permanente de coopération (CMPC), tenue ce 21 juillet à Accra, la capitale ghanéenne, sous la coprésidence du ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, et de son homologue marocain, Nasser Bourita.
Au-delà de la signature des textes, les deux gouvernements affichent une ambition commune, à savoir tirer parti de leurs positions géostratégiques respectives pour bâtir un partenariat économique plus solide. Le Ghana entend capitaliser sur son statut de siège du Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), tandis que le Maroc mise sur son rôle de passerelle entre l’Afrique, l’Europe et le bassin méditerranéen.
Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, cette complémentarité ouvre de nouvelles perspectives pour renforcer le commerce intra-africain, développer les chaînes de valeur régionales, attirer davantage d’investissements et soutenir les ambitions de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Parmi les onze instruments juridiques conclus, figurent deux accords majeurs destinés à fluidifier les échanges entre les deux pays. Le premier concerne les services aériens, ouvrant la voie à un renforcement des liaisons aériennes entre le Ghana et le Maroc, afin de faciliter la mobilité des personnes, des marchandises et des investisseurs. Le second porte sur l’assistance administrative mutuelle en matière douanière, un levier essentiel pour améliorer la coopération entre les administrations, sécuriser les échanges commerciaux et lutter contre les fraudes.
Les deux États ont également signé plusieurs mémorandums d’entente relatifs à la normalisation, à l’évaluation de la conformité, à la métrologie, à l’enseignement supérieur, à la science, à la technologie, ainsi qu’à la météorologie et à la climatologie. Une coopération élargie aux mines, à l’énergie et à la formation. Le partenariat couvre également plusieurs secteurs stratégiques. Un protocole de coopération scientifique et technique a notamment été conclu entre l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) du Maroc, la commission des minéraux et l’autorité des services géologiques du Ghana, afin de renforcer les échanges d’expertise dans les domaines minier et énergétique. Les deux pays ont également signé des accords portant sur la formation diplomatique, la formation professionnelle, l’attribution de bourses universitaires, les stages, le partage d’expertise, ainsi que sur la coopération dans les domaines du sport et des archives.
Des perspectives accrues pour le commerce et l’investissement
Les discussions ministérielles s’inscrivent dans le prolongement des travaux des experts techniques réunis à Rabat du 9 au 11 juin 2026, qui avaient préparé les différents accords. Dans un contexte international marqué par les incertitudes économiques, Accra souhaite également s’inspirer de l’expérience marocaine dans les énergies renouvelables, tout en développant une coopération dans la fabrication de vaccins et de produits pharmaceutiques, afin de renforcer la souveraineté sanitaire du continent.
Selon les données de l’Observatoire de la complexité économique (OEC), les échanges commerciaux entre le Ghana et le Maroc sont estimés à 285,99 millions de dollars, un niveau que les deux pays ambitionnent désormais de porter à une nouvelle échelle grâce à ces accords. En réaffirmant leur volonté commune d’assurer la mise en œuvre effective des engagements conclus, Accra et Rabat entendent faire de ce partenariat un modèle de coopération Sud-Sud, capable de renforcer l’intégration régionale, d’accroître les flux commerciaux et de soutenir une croissance économique plus inclusive à l’échelle du continent africain.
Publié le 25/07/26 22:46
Narcisse Angan
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