N’Djamena dénonce une justice « à géographie variable »
Dans un communiqué publié lundi, le gouvernement tchadien justifie son retrait de la CPI par un bilan jugé insatisfaisant depuis l’entrée en fonction de la juridiction en 2002. Les autorités reprochent notamment à la Cour de concentrer l’essentiel de ses enquêtes sur le continent africain, qu’elles considèrent comme la preuve d’un fonctionnement « à géographie variable ». Le porte-parole du gouvernement souligne que la majorité des enquêtes ouvertes par la CPI concernent des États africains, tandis que plusieurs dossiers portant sur d’autres régions du monde n’ont, selon lui, connu que peu d’avancées.
Les États-Unis évoqués
Cette annonce fait suite à un échange téléphonique entre le ministre tchadien des Affaires étrangères et le sous-secrétaire d’État américain chargé des Affaires africaines. Selon les autorités tchadiennes, Washington avait invité N’Djamena à réexaminer son adhésion au Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale.
LIRE AUSSI : Le Niger demande officiellement à quitter la Cour pénale internationale qu’il qualifie d’ »instrument de répression néocoloniale »
Une décision dans un contexte sensible
Le retrait du Tchad intervient alors que plusieurs organisations de défense des droits humains accusent régulièrement le pays de soutenir les Forces de soutien rapide (FSR) dans la guerre au Soudan. N’Djamena est également visé par des critiques portant sur de présumées violations des droits humains, des arrestations arbitraires et des restrictions aux libertés fondamentales. Cette décision marque une nouvelle étape dans les relations entre certains États africains et la CPI, régulièrement accusée par ses détracteurs de cibler de manière disproportionnée le continent.
Crédit: Lien source