« On ne peut pas abandonner le poumon de la France » : ce patron deux-sévrien a rejoint la Gironde avec un tracteur et une citerne

« Ce qui se passe est dramatique, on ne peut pas abandonner le poumon de la France », explique Philippe Champigné. Le dirigeant de l’entreprise de travaux publics celloise Champigné TP a pris dimanche 26 juillet 2026 la route de la Gironde, où les flammes ont déjà ravagé 42.000 hectares.

Près de 2.500 pompiers sont mobilisés pour lutter contre ce méga feu. Face à cette crise d’une ampleur exceptionnelle, les élans de solidarité se multiplient. Des agriculteurs et des professionnels du BTP des Deux-Sèvres se sont portés volontaires pour rejoindre le front.

Philippe Champigné a pris le volant du tracteur de son entreprise et s’est fait prêter une tonne à lisier de 16.000 litres. « J’ai dormi une heure et demie cette nuit, dans la salle des fêtes de Carcans », confie-t-il lundi midi. Réveillé par les sirènes, il a rejoint la commune du Porge, où il a passé la matinée de lundi à arroser les bas-côtés des routes pour empêcher les flammes de les franchir.

Le matériel des agriculteurs et des professionnels du BTP est particulièrement précieux, car il permet de transporter des volumes d’eau bien plus importants. « Je transporte au moins trois fois plus d’eau qu’un camion de pompiers. Mais je vide mon réservoir en trois minutes et il me faut ensuite une demi-heure pour rejoindre le lac, refaire le plein et revenir », détaille-t-il.

« Quand il faut aller au charbon, j’y vais »

« C’est inimaginable. On voit les images dans les médias, mais une fois au cœur de l’action, c’est complètement différent », poursuit Philippe Champigné, face à un paysage de désolation. Pourtant, il n’a pas hésité : « Quand il faut aller au charbon, j’y vais. »

Sur place, une véritable logistique s’est mise en place. Pompiers et volontaires se coordonnent par téléphone ou via des groupes WhatsApp. « Des agriculteurs du Niortais avec qui je suis venu établissent un coupe-feu. Ils abattent les arbres et les évacuent sur une largeur de 30 mètres pour freiner la progression des flammes. »

Malgré la catastrophe, la solidarité reste omniprésente. « Sur la route, des gens nous applaudissaient, nous donnaient des masques. J’ai dit à ma femme et à mes enfants qu’on se croyait sur le Tour de France….

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