Depuis près de trois ans, Everyday Sandro
pousse sa Tesla Model X transformée en maison roulante jusqu’aux
confins de l’Amérique du Sud. En Patagonie comme dans l’Atacama, un
simple panneau solaire va décider s’il continue d’avancer ou s’il
reste bloqué au milieu de nulle part.
Installer un
panneau solaire sur une Tesla Model X pour descendre jusqu’au
bout de la Patagonie ; l’idée paraît folle. C’est pourtant le pari
de Sandro van Kuijck, YouTubeur américain plus connu sous le nom de
Everyday Sandro. Parti d’Oregon, il a transformé
son SUV électrique baptisé Beluga en maison
roulante pour une traversée intégrale des Amériques. Arrivé sur le
continent sud-américain, il s’est vite heurté à un problème très
simple, selon SupercarBlondie. Où recharger,
quand les bornes se comptent sur les doigts d’une main ?
Entre le Canada et l’Argentine, son
road-trip électrique s’étire déjà sur près de trois
ans. Plus de 14 pays et environ 153 000 km parcourus. Son objectif
: relier Tuktoyaktuk, dans l’Arctique canadien, à Ushuaia, tout au
sud de l’Argentine, via la mythique Pan-American Highway. Et plus
il descend vers le sud, plus les espaces se vident, les vents se
lèvent et les prises disparaissent. Pour continuer à avancer,
Everyday Sandro a donc installé un panneau solaire
sur sa Tesla Model X. Il a aussi accepté de rouler
très lentement. Une stratégie qui lui a permis de survivre à
certains des tronçons les plus hostiles de l’Amérique du
Sud. Le prix à payer : des étapes interminables.
En Tesla Model X solaire, le pari fou de Sandro en
Patagonie
Sur sa chaîne, le voyageur résume son état d’esprit par une
phrase fétiche : « La phrase ‘c’est le moment de tout tenter’
est quelque chose que j’ai commencé à dire vers la moitié de mon
expédition en solo à travers les Amériques, parce qu’elle me donne
la confiance de savoir que, quel que soit le problème que nous
pourrions rencontrer, je peux le résoudre car il y a toujours une
solution », a-t-il expliqué dans une vidéo relayée par
SupercarBlondie. Cette confiance lui a été utile au moment
d’attaquer la Patagonie. Entre Puerto Madryn et
Comodoro Rivadavia, en Argentine, l’itinéraire fait environ 435 km.
Avec plus de 1 000 m de dénivelé positif et un vent de face tenace.
Sur cette portion, les
bornes de recharge sont rares, voire inexistantes sur des
dizaines de kilomètres. Pour ménager l’autonomie de Beluga, il
s’est mis en mode hypermiling. Vitesse limitée à
50 km/h ou moins, climatisation coupée, suspension abaissée.
Pour maximiser chaque électron, Sandro a conçu un petit système
solaire embarqué. Sur le capot de sa Tesla Model X Long
Range, il a fixé un panneau flexible de 300 W environ. Ce
panneau est connecté à une batterie auxiliaire de type
EcoFlow Delta 2 d’environ 2 kWh. Il l’a décrit
dans plusieurs messages publiés sur Reddit. Ce pack sert à
alimenter au quotidien le réfrigérateur, la cuisine, l’éclairage ou
encore la connexion
Starlink de Beluga. Cela lui évite de puiser dans la batterie
principale. Proche de l’équateur, ce montage lui a permis de
produire entre 2 et 4 kWh par jour. De quoi ajouter grosso modo 5 à
7 km d’autonomie, ou surtout garder la voiture habitable en plein
désert. Sur la route de Comodoro Rivadavia, ce léger apport solaire
s’est ajouté à une conduite très lente. Au terme de l’étape, Sandro
a atteint une borne privée avec seulement 4 % de batterie. Le
compteur n’affichait plus qu’environ 12 miles, soit près de 19 km,
après 8,5 heures de route.
En Amérique du Sud, le panneau solaire de la Tesla Model X
montre ses limites
Plus au nord, dans le désert d’Atacama, ce même
système a servi de dernier filet de sécurité. En quittant Calama
avec environ 95 % de batterie, Beluga devait grimper jusqu’à près
de 3 000 m d’altitude. Un vent fort soufflait, et la
borne rapide Copec se trouvait à plus de 40 km. L’ordinateur de
bord a fini par n’annoncer plus que 37 km de portée pour 42 km
restants. Sandro s’est alors rangé, a déployé son panneau solaire
et l’a laissé travailler au soleil. Il gagnait à peine 1 à 2 km de
portée par heure. Le gain restait trop faible pour repartir
sereinement. Il suffisait en revanche à maintenir un minimum de
charge pendant qu’il cherchait de l’aide.
La batterie est finalement tombée à 0 %, et impossible de
trouver une dépanneuse dans cette zone isolée. Un chantier voisin
lui a prêté un
groupe électrogène. Cela lui a permis de réalimenter doucement
la Tesla à environ 6 A. C’était juste assez pour éviter qu’elle ne
s’éteigne complètement pendant l’attente. Beluga a ensuite été
remorquée sur une trentaine de kilomètres jusqu’à une borne rapide
du réseau Copec. La recharge a alors repris autour de 36 à 40 kW.
Cette séquence illustre bien le rôle réel d’un panneau
solaire sur une Tesla Model X en pleine
Amérique du Sud. Un petit appoint d’énergie et une
assurance-vie pour les accessoires. Ce n’est pas un substitut au
réseau de recharge encore clairsemé entre Patagonie et Atacama.
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