Stellantis renoue avec les bénéfices au T2 2026 : +263 % de résultat opérationnel, porté par l’Amérique du Nord

Après une année 2025 marquée par une perte nette de près de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre, Stellantis signe un net redressement. Le constructeur automobile, propriétaire des marques Peugeot, Jeep, Citroën, Fiat, Opel ou encore Alfa Romeo, affiche un bénéfice net de 293 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, tiré par un chiffre d’affaires en hausse de 13 % et un résultat opérationnel ajusté (AOI) en bond de 263 %.

Un retournement financier spectaculaire

Le chiffre d’affaires net du groupe a atteint 43,5 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026, contre 38,4 milliards un an plus tôt. Cette progression s’explique principalement par un rebond de 32 % en Amérique du Nord et de 6 % en Amérique du Sud, tandis que l’Europe élargie est restée stable et que le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Asie-Pacifique ont enregistré un léger recul.

Le résultat opérationnel courant (AOI) ressort à 0,8 milliard d’euros, avec une marge de 1,8 %, en amélioration de 120 points de base sur un an. Toutes les régions affichent désormais une marge AOI positive, à l’exception de l’Europe élargie, encore dans le rouge à -0,6 %.

Autre indicateur clé du redressement : le free cash flow industriel s’établit à 1,0 milliard d’euros, contre seulement 31 millions d’euros un an plus tôt — une amélioration obtenue malgré environ 300 millions d’euros de sorties de trésorerie liées aux charges exceptionnelles comptabilisées au second semestre 2025. La liquidité industrielle disponible du groupe atteint quant à elle 44,1 milliards d’euros, soit 27 % du chiffre d’affaires annuel glissant, dans la fourchette cible de 25 à 30 % fixée par la direction.

« Le deuxième trimestre a été marqué par des progrès continus, portés par l’Amérique du Nord et soutenus par d’importantes contributions de toutes les autres régions », a déclaré Antonio Filosa, CEO de Stellantis, se disant confiant dans la capacité du groupe à atteindre ses objectifs financiers 2026.

L’Amérique du Nord, moteur de la reprise

Le marché nord-américain enregistre son quatrième trimestre consécutif de croissance, avec des ventes en hausse de 6 %, portées par les modèles Jeep Grand Wagoneer (+43 %), Ram 1500 (+9 %) et Dodge Durango (+9 %). La part de marché du groupe y progresse à 7,4 %, en hausse de 40 points de base, dans un marché américain pourtant globalement en repli. Le Mexique se distingue également avec une hausse de 17 % des ventes, son meilleur deuxième trimestre jamais enregistré.

Une Europe encore en difficulté, un Moyen-Orient-Afrique résilient

En Europe élargie (UE30), les ventes progressent de 3 %, tirées par le lancement de la Fiat Grande Panda sur la plateforme Smart Car et par le renforcement du segment C-SUV avec la DS N°7, la Lancia Gamma et le Jeep Compass 4xe. La part de marché du groupe y recule néanmoins à 16,0 %, en baisse de 80 points de base.

Dans la région Moyen-Orient et Afrique, où le Maroc figure parmi les marchés ayant bénéficié de lancements récents, Stellantis résiste dans un contexte de marché régional en repli de 8 %, avec une part de marché en hausse de 20 points de base et un leadership confirmé sur les véhicules utilitaires légers (24,7 % de part de marché). L’Algérie a réalisé un trimestre record, avec plus de 20 000 unités produites et vendues localement.

En Amérique du Sud, Stellantis conserve son leadership avec 19,1 % de part de marché, dont 25,6 % au Brésil et 26 % en Argentine, malgré un léger recul des volumes. En Asie-Pacifique, les ventes chutent de 29 %, pénalisées par la baisse des ventes de la Peugeot 408, mais le groupe prépare l’arrivée du Leapmotor B10 et a annoncé un partenariat avec le constructeur chinois DFM pour produire des modèles Peugeot et Jeep en Chine.

Perspectives 2026 confirmées

Stellantis réaffirme ses objectifs financiers pour l’ensemble de l’année 2026 : une hausse du chiffre d’affaires net à un rythme moyen à un chiffre, une marge AOI à un chiffre bas, et une amélioration du free cash flow industriel sur un an, incluant environ 2 milliards d’euros de paiements liés aux charges exceptionnelles de 2025. Le groupe table sur un retour à un free cash flow industriel positif en 2027, tout en poursuivant le déploiement de son plan stratégique FaSTLAne 2030, présenté fin mai lors de sa journée investisseurs.

L’impact net des droits de douane est désormais estimé entre 1,0 et 1,2 milliard d’euros pour l’année, après un coût net de 0,3 milliard d’euros au premier semestre, incluant un remboursement de 0,4 milliard d’euros au titre de l’IEEPA (International Emergency Economic Powers Act) américain.

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