Madame la Présidente,
Je voudrais tout d’abord remercier la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies, Mme Anita Kiki Gbeho, ainsi que Monsieur George Owinow et Mme Lilian Riziq pour leurs interventions.
Je voudrais revenir sur trois points.
Premièrement, la France réitère son plein soutien à la MINUSS et à la Représentante spéciale des Nations unies. Cette opération est essentielle pour contribuer à la stabilisation du pays et doit pouvoir fonctionner au maximum de ses capacités afin de s’acquitter de son mandat.
La France déplore les nombreuses obstructions aux activités et à la liberté de circulation des personnels onusiens. L’accord sur le statut des forces doit être pleinement respecté. La France appelle le gouvernement de transition sud-soudanais à coopérer pleinement avec les Nations unies.
Deuxièmement, nous relevons une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire, comme le souligne le rapport du Secrétaire général. Les affrontements entre les Forces de défense du peuple sud-soudanais, les parties à l’accord de paix revitalisé de 2018 et les autres acteurs armés se prolongent. Les violences intercommunautaires se poursuivent, causant à nouveau des victimes civiles en nombre.
Face à la persistance d’une des plus graves crises humanitaires au monde, la France salue le travail essentiel et courageux des personnels humanitaires. La France condamne les violences dont ils font l’objet au Soudan du Sud et salue la mémoire des 30 personnels humanitaires ayant péri cette année dans l’exercice de leurs fonctions, dont 8 pour le seul mois de juin. Nous dénonçons aussi l’usage des violences sexuelles liées au conflit comme arme de guerre, ainsi que toutes les violences sexuelles et fondées sur le genre.
Troisièmement, la situation politique dans le pays reste tendue et précaire. Nous relevons que les appels de l’Union africaine au retrait des poursuites engagées à l’encontre de personnes détenues pour des motifs politiques, dont le premier vice-président Riek Machar, n’ont pas été entendus. Nous appelons à nouveau les autorités sud soudanaises à y donner suite.
Madame la Présidente,
L’accord de paix de 2018 demeure le fondement de la légitimité du gouvernement de transition. Nous regrettons les mesures visant à amender l’accord de paix, sans le consensus de toutes les parties signataires. Cela porte atteinte au processus de paix et risque d’attiser les tensions, comme le relève le représentant de la Commission conjointe reconstituée de suivi et d’évaluation dans son intervention.
La France relève enfin que l’Union africaine, la Commission mixte de suivi et d’évaluation reconstituée et le rapport du Secrétaire général soulignent tous que de nombreuses questions subsistent quant à la tenue d’élections, notamment en matière de financement, de réformes et de sécurité. Toute élection doit pouvoir être libre, équitable et transparente, dans le respect des standards internationaux et de l’accord de paix revitalisé.
A cet égard, la France appelle le gouvernement de transition sud-soudanais à allouer les moyens nécessaires à l’élaboration d’une Constitution, à la réalisation d’un recensement et à l’unification des forces de sécurité.
Madame la Présidente,
Les prochains mois seront déterminants pour l’avenir du Soudan du Sud. Le gouvernement de transition sud-soudanais, ainsi que les autres parties à l’accord de paix revitalisé, doivent être à la hauteur de leurs responsabilités et mettre en œuvre pleinement l’accord de 2018. La France se tient aux côtés du peuple sud-soudanais pour accompagner le processus de paix.
Je vous remercie.
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