Mactaquac: Énergie NB sélectionne trois entreprises pour s’occuper du projet

IJL

Énergie NB prépare le terrain pour la remise à neuf du barrage hydroélectrique de Mactaquac et a sélectionné un consortium de trois entreprises pour mener à bien la conception des travaux. Celles-ci se chargeront aussi de la construction si le gouvernement approuve le projet.

Cette centrale produit de l’électricité sans émissions de gaz à effet de serre, et représente 30% de l’énergie renouvelable de la province. En temps de pointe, le barrage fournit 20% de l’électricité du N.-B.

La structure a été endommagée par une réaction chimique du nom de réaction alcaline des agrégats, qui gonfle et fissure le béton et qui pourrait amener sa fermeture d’ici 2030 sans intervention. Les améliorations au barrage, qui devraient durer jusqu’en 2038/2039, devraient permettre au barrage de fonctionner jusqu’en 2060.

Les dernières estimations du coût du projet se situent entre 7,6 et 9 milliards $.

Énergie NB a choisi de confier la conception du projet à un consortium formé de trois entreprises de construction, soit Aecon, Flatiron Dragados, et Green Infrastructure Partners. La conception devrait durer un an.

Ensuite, si le projet obtient les approbations nécessaires, ces entreprises se chargeraient aussi des travaux d’infrastructure de remise à neuf du barrage.

Ce projet sera financé en partie par une augmentation des frais d’électricité et par une augmentation de la dette de la société de la Couronne, dette qui se trouve déjà à 6 milliards $.

L’étude d’impact environnemental du projet a déjà obtenu le feu vert en juin 2025. Il doit aussi obtenir une autorisation fédérale en vertu de la Loi sur les pêches.

Le gouvernement Holt devra aussi décider au printemps 2027 de donner son accord au projet ou non, en tant qu’actionnaire d’Énergie NB. Ce sera la dernière étape du processus d’approbation.

Le ministre de l’Énergie, René Legacy, a déjà dit que le projet «va aller de l’avant», mais qu’il faut déterminer la meilleure façon de le faire.

Son gouvernement a adopté un projet de loi, l’an dernier, pour soustraire le projet à la Loi sur la passation des marchés publics, qui concerne le processus d’appel d’offres. C’est le processus par lequel le gouvernement s’assure normalement d’avoir le prix le plus bas lorsqu’il se tourne vers le secteur privé pour des contrats de construction ou de services, par exemple.

Mais le ministre a affirmé à l’époque que le projet passera quand même par un appel d’offres.

En réponse à nos questions sur la façon dont ces entreprises ont été choisies, Énergie NB a indiqué qu’elles ont été sélectionnées «à l’issue d’un processus concurrentiel rigoureux».

La société de la Couronne n’a pas voulu préciser combien d’argent les entreprises recevront dans le cadre de ce partenariat, en indiquant que ces informations sont «confidentielles et commercialement sensibles».

Une bonne décision, selon un professeur 

Selon un professeur d’ingénierie à l’Université de Moncton, Yves Gagnon, la sélection de trois entreprises pour se charger d’un projet d’infrastructure d’une telle envergure dès la phase de planification est une bonne idée.

«Compte tenu de la capacité d’Énergie NB à développer de grands projets, une capacité qui est quand même faible, je crois que c’est une bonne décision d’avoir pris cette approche».

Il précise qu’on a de plus en plus souvent recours à un modèle de conception qui implique les promoteurs dès les premières étapes du projet, ce qui porte le nom anglais de “early contractor involvement”.

«C’est un barrage hydroélectrique, et on fait appel à des entreprises qui en ont construit ou qui en opèrent», dit M. Gagnon.

Il explique que l’expertise de ces entreprises dans la phase de conception peut aider à minimiser les coûts, même si ça n’aura pas forcément cet effet.

Il indique que l’objectif du consortium, de concevoir des améliorations au barrage à un prix ciblé, peut aussi bien mener à une «conception surdimensionnée» de l’infrastructure par rapport aux besoins d’Énergie NB (“overdesign”, en anglais).

Il estime donc que le gouvernement devra quand même s’assurer de garder un œil attentif sur le projet pour éviter des dépassements de coûts.

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