France : la croissance évite la récession au T2 2026

Avec une croissance de 0,2 % au deuxième trimestre 2026, la France écarte la récession technique mais reste freinée par un investissement atone.

L’économie française a montré des signes de résistance au deuxième trimestre 2026. Selon une note d’analyse du cabinet Asterès, le Produit Intérieur Brut (PIB) a progressé de 0,2 %, après un léger repli de 0,1 % au premier trimestre. Cette performance, bien que modeste et légèrement inférieure aux +0,3 % attendus par l’INSEE, permet à la France d’éviter le scénario d’une récession technique, définie par deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Cependant, cette embellie masque des fragilités persistantes qui maintiennent le pays dans un régime de croissance faible.

Un rebond tiré par la consommation et l’export

Le détail des chiffres révèle une dynamique contrastée. La croissance du T2 a été principalement soutenue par le redressement de la consommation des ménages, qui augmente de 0,2 % après avoir reculé de 0,3 % au trimestre précédent. Cette reprise concerne tant les biens fabriqués que les services. Les dépenses des administrations publiques ont également contribué positivement, avec une hausse de 0,4 %.

Le commerce extérieur a joué un rôle moteur. Les exportations ont bondi de 2,6 %, dynamisées notamment par les ventes de matériels de transport, tandis que les importations ont connu une croissance plus modérée de 0,8 %. Ce solde commercial favorable a ainsi soutenu l’activité globale.

Le point noir majeur demeure l’investissement des entreprises (Formation Brute de Capital Fixe), qui continue de se contracter avec un recul de 0,3 %, après une baisse déjà marquée de 0,8 % au premier trimestre. Cette atonie de l’investissement signale un manque de confiance des acteurs économiques et constitue un frein majeur à une reprise plus vigoureuse.

Des perspectives contraintes par de multiples risques

Malgré ce rebond, la France porte son acquis de croissance pour l’année 2026 à seulement 0,5 %, un niveau jugé insuffisant pour restaurer significativement les marges de manœuvre budgétaires du pays. Plusieurs facteurs d’incertitude pèsent sur les mois à venir.

Le premier risque concerne l’inflation. Bien qu’elle ait ralenti à 1,8 % en juin, Asterès qualifie ce reflux de « fragile ». Une nouvelle flambée des prix de l’énergie, alimentée par les tensions géopolitiques, ou des tensions sur les prix alimentaires dues aux épisodes de forte chaleur, pourraient rapidement éroder le pouvoir d’achat des ménages et étouffer le principal moteur de la croissance actuelle.

Le second frein est lié aux conditions de financement. La Banque Centrale Européenne maintient des taux directeurs élevés pour contrer l’inflation. En conséquence, le taux d’intérêt des emprunts d’État français à dix ans (OAT) se stabilise autour de 4 %, un niveau inédit depuis 2009. Ce coût du crédit élevé décourage les entreprises de lancer de nouveaux projets d’investissement, particulièrement les plus risqués, et freine l’accès des ménages au crédit immobilier.

Un climat d’incertitudes politiques et budgétaires

Enfin, le contexte politique et budgétaire national ajoute une couche d’incertitude. La préparation du budget 2027 s’opère dans un climat tendu, avec un déficit public toujours supérieur à 5 % du PIB et l’approche de l’élection présidentielle. L’attentisme prévaut chez les entreprises, qui manquent de visibilité sur la future trajectoire fiscale et les dispositifs de soutien public.

Pour le cabinet Asterès, l’enjeu est de briser ce cycle de croissance faible. Seule une trajectoire plus solide, reposant sur des moteurs durables comme l’investissement productif, l’innovation et l’industrie, permettrait de rassurer les investisseurs, de stabiliser la dette publique et de réduire durablement le coût du financement pour l’ensemble de l’économie.

via Presse Agence (rédigé à partir d’un communiqué de presse transmis à la rédaction).

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