La production maraîchère de la Martinique confrontée à d’importantes difficultés

L’oignon pays plus petit cette année et d’autres produits se font de plus en plus rares sur les étals. Au marché de Case-Pilote, Tony, agriculteur au Morne-Vert, tente de faire au mieux pour maintenir sa production malgré le manque d’eau dans son secteur.

« Tu peux avoir une plantation et ça part bien, puis après on perd tout. Surtout qu’il y a des plantes qui demandent beaucoup d’eau comme les concombres. Et c’est compliqué. »

Tony, agriculteur/marchand

Au marché Max Ransay à Fort-de-France, même constat pour Marie-Élise, qui vend sa production depuis 30 ans. L’eau et la clientèle manquent cruellement.

« Il y avait une clientèle sur le marché. Maintenant, on ne retrouve plus cette clientèle. Mais en tant qu’agricultrice, c’est vraiment dur parce que nous sommes plus perdants ces jours-ci. Avec le soleil, la sécheresse, la pluie. »

Marie-Élise, agricultrice, marchande

« C’est normal que les prix augmentent »

Autre difficulté : la concurrence récurrente des marchés éphémères et des supermarchés. Pour les petits producteurs, écouler leurs productions devient presque un combat.

« Ils vont vendre 5 tonnes de dachines, 10 tonnes de pastèques. Donc moi, si j’ai, par exemple, 200 kilos, la personne ne va pas venir. Elle va aller où il y a le tonnage. Il faut payer les graines, payer les tracteurs, payer les gens qui plantent. Récolter, payer encore. Descendre, payer encore. »

Coco, agricultrice/ marchande

Au marché de l’asile, il n’y a pas foule. Certains marchands ont préféré prendre des vacances pour limiter les pertes. Véronique, malgré cette période difficile, a choisi de rester. 

« Par rapport à la sécheresse, on s’adapte. Il y a moins de production, mais mes producteurs continuent de m’approvisionner régulièrement, même s’il n’y a pas les quantités habituelles. S’ils vont planter plus et qu’ils n’arrivent pas à sortir la quantité qu’ils devaient, c’est normal que les prix augmentent. C’est en fonction du prix que le producteur me propose que je travaille, pour essayer de gagner de quoi payer mes factures. »

Véronique, marchande

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