À contre-courant de la mode jetable, ces couturières transforment de vieux vêtements pour prolonger leur vie, à Vire
C’est tout en haut du musée de Vire Normandie (Calvados) que les couturières prennent place pour l’atelier upcycling « De la chemise à la jupe », samedi 25 avril 2026. Après s’être installées derrière leur machine, un tour de table est lancé et chacune raconte ce qu’elle a l’habitude de créer en couture.
Pour l’une, ce sont des objets pour la maison comme des coussins, des boudins de porte. Pour une autre, il s’agit de créer de la décoration pour les grandes occasions. Tandis que la styliste Sophie B., qui animait l’atelier, témoigne qu’elle confectionne en couture exclusivement des vêtements pour elle mais aussi pour son mari et ses enfants. Elle organise des ateliers d’upcycling depuis 2007.
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En bout de table sont déposés des tas de vêtements à recycler. Chacune des participantes est invitée à en prendre six. Des chemises, des blouses de travail, des vestes, qu’elles soient à rayures ou à carreau : toutes auront donc une seconde vie. On a demandé à la Bacer (Chantier d’insertion qui récupère du tissu propre, sec et dans des sacs, du linge de maison et de la maroquinerie) s’ils pouvaient nous fournir des tissus
, indique Florence Lepage-Culleron, chargée d’animation territoriale.
Les tissus qu’ils récupèrent, s’ils ne sont pas réutilisés, partent dans différentes filières : les vêtements qui sont mettables partent dans les ressourceries. L’autre part est beaucoup utilisée par l’industrie automobile pour le rembourrage des sièges auto entre autres. L’upcycling, c’est le fait de réutiliser pour prolonger dans le temps, c’est le contraire du jetable
, renchérit Sophie B.
Une jupe avec quatre ou cinq vieilles chemises
En échangeant avec ces couturières, chevronnées pour la plupart, on apprend par exemple que ce n’est pas forcément dans la joie que cette technique s’est transmise : J’ai appris à coudre j’avais 5 ou 6 ans. Ça m’ennuyait beaucoup parce que j’étais obligée de le faire. J’ai commencé à coudre des torchons sur la vieille machine à pédales puis j’ai laissé tomber peu à peu. Ce n’est qu’à la naissance de ma petite-fille que je m’y suis remise, avec joie cette fois
, confie Catherine Lajoie.
Pour d’autres c’est tout naturellement qu’elles ont acquis les premiers gestes en couture comme pour Catherine Brochet. Je faisais des vêtements pour mes poupées Barbie. À l’adolescence, je créais des gilets sans manches, c’était la mode à l’époque. Je m’inspirais des costumes des hommes.
Pendant cet atelier, les femmes ont pu créer une jupe à pans grâce à quatre ou cinq vieilles chemises. Sophie B. veillait à ce que chacune puisse réaliser leur ouvrage avec le plus de satisfaction.
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