Agriculture : faire de Pointe-Noire un pôle de production des fertilisants

« Nous voulons développer le secteur hors pétrole. Nous avons engagé le processus de liquéfaction du gaz. Nous souhaitons produire des engrais… Le pays possède des réserves importantes de gaz, de potasse… », a affirmé Denis Sassou N’Guesso, signalant la présence de gisements de ces matières premières autour de la zone du port autonome de Pointe-Noire.         

Selon le chef des initiatives sous-régionales au bureau de l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), basé à Yaoundé, au Cameroun, Adama Ekberg Colibaly, la capitale économique du Congo peut devenir une plateforme de production de fertilisants aussi bien pour les pays de la région que pour l’ensemble du continent.

Pour ce faire, les autorités congolaises sont appelées à s’appuyer sur la valorisation de la filière nationale pétrolière et gazière avec l’expertise de la CEA, ainsi que les apports d’autres partenaires au développement et bailleurs de fonds.

« Il nous a été déjà donné de formuler au gouvernement congolais un plan directeur d’industrialisation et de diversification économique. Dans ce cadre, nous avons identifié un avantage unique que le Congo possède de pouvoir disposer de la matière première. Avant de se lancer dans toute forme de transformation, il faut d’abord avoir une base de ressources abondantes localement », a-t-il déclaré.

Le Congo est le seul pays de l’Afrique centrale à pouvoir disposer de cet atout important. « Nous encourageons le gouvernement congolais à travailler étroitement avec la CEA. Après avoir réalisé l’étude de référence et de situation, nous avons établi qu’il y a l’opportunité d’investir dans cette industrie afin que le Congo soit un pays pivot pour produire les fertilisants et faire en sorte qu’il devienne une puissance agricole », a poursuivi Adama Ekberg Colibaly.

Le gouvernement congolais a retenu, dans le cadre de son Plan national de développement 2022-2026, six axes pour la diversification économique, à savoir l’agriculture, l’industrie, le tourisme, le numérique, l’immobilier et les zones économiques spéciales.

L’éclosion d’une filière de production de fertilisants devrait permettre au Congo de jouer un rôle stratégique dans le développement des activités de la terre à la fois dans la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale qu’au niveau continental.     

« Par le biais de la valorisation, la transformation jusqu’au bout du pétrole et du gaz, le Congo peut produire des engrais. Ensuite, au niveau des autres ressources comme le phosphate, le pays a une base industrielle. Il faut s’appuyer sur la disponibilité de cette ressource pour enclencher un processus de transformation sur place du phosphate afin qu’on puisse mettre à la disposition de l’agriculture non seulement au Congo mais aussi au niveau de la sous-région », a affirmé l’expert onusien.

Sans fertilisants, les rendements agricoles ne repondront pas aux besoins du marché, a-t-il estimé. « Quel que soit le produit agricole que nous pouvons prendre, le rendement est faible parce que le niveau de fertilisants utilisés est très faible. Nous sommes en deçà de la moyenne de treize tonnes à l’hectare exigée au niveau de l’Union africaine. On peut aujourd’hui, en travaillant bien avec le gouvernement congolais, attirer les investisseurs et installer une zone économique spéciale sur mesure pour pouvoir produire des fertilisants ou des engrais à bon marché afin de booster le rendement », a-t-il promis.


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