Aidocean en mission santé en Papouasie-Nouvelle-Guinée

Comment est née l’association ?

Aidocean a été créée par Marine Bayer, ancienne pilote d’hélicoptère dans la Marine nationale, reconvertie en infirmière, qui exerce aujourd’hui à Rivière-Salée, à Nouméa. « J’avais un projet en quittant l’armée. Je m’étais dit que si je devenais soignante, j’utiliserais mes compétences pour faire des soins dans les îles isolées du Pacifique« , raconte Marine Bayer, arrivée en Nouvelle-Calédonie pendant la Covid, il y a cinq ans. C’est à ce moment-là qu’elle fonde l’association, qui sera amenée à intervenir en Papouasie-Nouvelle-Guinée. « On m’a dit qu’il y a des besoins dans ce pays.« 

Des centaines de doses de vaccin ont été administrées aux enfants pendant la mission humanitaire. Photo Aidocean / Marion Thellier

Plusieurs déplacements

La première mission se déroule en septembre-octobre 2022, dans la région de Nouvelle-Irlande. Un an plus tard, Marine Bayer et son équipe repartent en octobre-novembre, du côté cette fois de la Nouvelle-Hanovre. La troisième mission les emmène dans la province du Golfe, au nord de Port-Moresby, en avril 2024, grâce à un partenariat avec TotalEnergies. En 2025, retour en Nouvelle-Irlande, dans les îles Murat.

Cette année, le déplacement, qui s’est achevé le 30 avril, a été financé par le gouverneur de la province. Un long voyage. « On passe d’abord par Brisbane, en Australie, puis Port-Moresby, Rabaul et enfin Kavieng, avant de prendre le bateau avec les soignants. Il faut des heures de mer ensuite pour arriver à destination. » Aidocean est intervenue, au total, dans quinze villages des îles Tanga et Feni.

Priorité à la vaccination

Si la vaccination est au cœur de ces déplacements, c’est parce qu’en Papouasie-Nouvelle-Guinée, le taux de vaccination contre la rougeole est passé d’environ 73 % en 2002 à 38 % en 2021, avant de remonter à 51 % en 2022-2023. « Selon l’Unicef, la pandémie de Covid a provoqué le plus grand recul des vaccinations infantiles depuis trente ans« , déclare Marine Bayer. Seulement un tiers de la population est vacciné contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche ou la poliomyélite. « Ce projet s’inscrit dans le plan stratégique 2021-2030 de la Croix-Rouge américaine, de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Unicef pour éradiquer la rougeole et la rubéole. » La mission a porté sur une campagne de vaccination des enfants de 0 à 5 ans, « afin de prévenir la résurgence d’épidémies mortelles« .

Sur la période, du 13 au 21 avril, 467 enfants scolarisés ont été traités (vaccins, supplémentation en vitamines, vermifuges), et 245 petits de 0 à 5 ans ont été vaccinés.

Maud Champeymon, auxiliaire de puériculture bénévole de l’association, et Marine Bayer, à droite, fondatrice d’Aidocean, avant le départ pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, à Nouméa. Photo Anne-Claire Pophillat

Autres soins

L’équipe, composée de soignants locaux – en l’occurrence du personnel médical de l’hôpital de Kavieng – et de bénévoles de l’association, a proposé, lors de cette cinquième mission, des soins dentaires, de la médecine générale et d’urgence, de l’ophtalmologie, du planning familial, ainsi que du dépistage de la tuberculose et du paludisme.

À bord du bateau, se trouvent donc des professionnels de différentes spécialités selon les besoins de chaque mission, médecin, dentiste, assistant dentaire, sage-femme, auxiliaire-puéricultrice, gynécologue, infirmier ophtalmo, etc.

Soixante-sept femmes ont notamment bénéficié d’une consultation gynécologique, deux d’entre elles ont accouché et trente-sept se sont vues poser un implant. Les implants contraceptifs ont été une demande de la part des femmes dès le premier déplacement d’Aidocean. « On en a en général 500 par mission. On en pose certains et on laisse les autres. On forme les équipes locales.« 

Après deux heures de trajet à pied, Ludvina, enceinte de jumelles, est arrivée au dispensaire de Natong, sur les îles Feni, où elle a accouché, prise en charge par Dorothée Stoupy, sage-femme venue de Nouvelle-Calédonie. Les deux petites filles seront dénommées d’après la sage-femme et la journaliste présente en vue de réaliser un documentaire, Marion. Photo Aidocean / Marion Thellier

Les consultations médicales ont consisté en soins généraux et d’urgence et, concernant les soins dentaires, cent huit consultations scolaires ont été réalisées, ce qui a mené à vingt-neuf extractions dentaires et la détection de trois cancers de la bouche.

Distribution de matériel

Aidocean effectue également des tests pour la malaria, le paludisme, la tuberculose, laisse des pansements, des traitements de médecine générale (antibiotiques, antalgiques, etc.), des appareils du type thermomètre, glucomètre, des médicaments pour l’asthme… Mais aussi, c’était le cas lors de cette mission, en l’occurrence 50 lampes solaires (financées par TotalEnergies), 2 400 paires de lunettes loupe et de soleil (données par la fondation OneSight EssilorLuxottica), 100 attelles et 50 sacs (FootprintNC).

Les lampes solaires ont notamment permis d’équiper le dispensaire qui vient d’ouvrir dans le petit village de Natong, aux îles Feni, qui accompagne, entre autres, les femmes enceintes pour leur accouchement, car jusqu’à présent, les soins de nuit se faisaient à la lampe torche.

Informées de l’arrivée de la mission humanitaire, les familles des alentours font le déplacement avec les enfants, afin de bénéficier de soins. Photo Aidocean / Marion Thellier


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