Il a toujours le sourire vissé au visage, Florian Hugonet. Une positive attitude parfaitement raccord avec l’ambiance festive, estivale et familiale qu’il a su créé dans ce Domaine de Marlioz qu’il aime tant. Depuis six ans, le directeur général du Domaine façonne les lieux à son image : dynamique, chaleureux et accueillant. « Je veux bien reconnaître un rôle de détonateur, mais le succès du site relève surtout de l’explosivité des équipes qui m’accompagnent pour faire de cet endroit un feu d’artifice d’animations ouvertes à tous », commente-t-il modestement.
Depuis le mois de juin, chaque soir est une invitation gratuite à venir profiter de ce parc de 10 hectares. Les mercredis, rendez-vous aux terrasses du parc, avec un groupe de musique qui fait danser devant la guinguette du séquoia, cet arbre centenaire au cœur du parc, visible des mètres à la ronde, qui officie comme un appel au rassemblement. Les soirées du vendredi proposent des blind tests à tous ceux qui connaissent les chansons par cœur. Et les samedis, quatre artistes différents s’affrontent dans des battles de stand up, dans le cadre d’un comedy club pour amuser les visiteurs. Tout le monde peut venir. C’est gratuit. Mais on peut aussi boire un verre, manger un bout grâce au village food-truck. On se relaxe dans les transats mis à disposition. Bref. On est comme à la maison.
« Je veux que ce parc magnifique soit le jardin des Aixois »
« Je veux que ce parc magnifique soit le jardin des Aixois. Il fait partie du patrimoine local. Et ce n’est pas parce qu’il appartient à une entreprise privée qu’il ne doit pas servir à tout le monde. » Telle est la philosophie “Hugonienne” développée par ce natif de Normandie, devenu aixois d’adoption.
« J’ai eu la chance de rencontrer Jean-Louis Meyer, dirigeant du groupe CFH [compagnie française de l’hôtellerie] et propriétaire de ce Domaine. Il m’a donné ma chance en me nommant directeur à la tête de ce complexe hôtelier, qui comprend un Ibis, un Mercure, un établissement thermal, un bar, un restaurant et un spa. C’était mon premier poste ! Depuis, je n’ai de cesse de développer ce qu’on m’a appris : la confiance, l’esprit de famille et l’entrepreneuriat créatif et bienveillant », évoque le patron aixois.
Cette confiance qu’on lui a accordée, il l’applique à ses équipes. Il l’assure, ses collaborateurs sont toujours associés aux décisions et même souvent, plus moteurs que lui ! « Ce sont les équipes qui ont eu envie de construire toutes ces animations pour faire venir du monde. Sur l’idée de la guinguette ou des soirées à thème, j’étais moyennement emballé. Mais le personnel était si enthousiaste que j’ai dit “OK ! On tente !” », rigole-t-il.
Pourtant, le Domaine de Marlioz reste une entreprise qui doit gagner de l’argent. D’autant qu’en six ans, 12 millions d’euros ont été injectés pour refaire à neuf les hôtels, le spa, les salles de soins thermaux ORL (oto-rhino-laryngologie) et les restaurants. Alors, ne proposer que des animations gratuites, ça paraît fou ! « C’est vrai qu’au départ, on a été déficitaire. Puis on a travaillé les partenariats, développé l’offre des food-trucks qui nous appartiennent, ainsi que les buvettes. Loué des emplacements pour d’autres vendeurs de nourriture. Aujourd’hui, nous sommes légèrement bénéficiaires. Mais le plus important, c’est le retour d’image », sourit Florian Hugonet. « 4 000 personnes qui viennent à notre soirée gratuite du 14-Juillet, ce sont 4 000 adresses mails que l’on garde en contact pour envoyer toute l’année nos offres promotionnelles. »
Un plan com qui fonctionne apparemment : le spa du Domaine a fait +20 % de fréquentation en un an, hors clients d’hôtels. Ce qui signifie que c’est la clientèle locale qui est venue se relaxer à Marlioz. Pile la cible que vise le directeur général. Sans compter les demandes de fêtes privées qui se multiplient. En moins de dix ans, le chiffre d’affaires du Domaine est passé de 7 à 10 millions d’euros. À croire que la gratuité, ça rapporte !
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