ANALYSE. France – Côte d’Ivoire (1-2). À 12 jours du Sénégal, des Bleus à deux visages

Si le second sera évidemment excusé par les huit changements précoces (dont cinq à la pause) et une composition expérimentale, ce premier revers depuis un an et la demi-finale de la Ligue des nations face à l’Espagne (5-4, le 5 juin 2025) sonne comme un avertissement à 12 jours de l’entrée en lice dans la compétition planétaire face au Sénégal, le 16 juin à New York.

Régalade offensive

Comme souvent dans ces rendez-vous, l’intensité est retombée après un très gros premier quart d’heure. Mais ça a pourtant suffi pour étaler le talent des offensifs tricolores. Durant 45 premières minutes de haut vol, ils ont montré une qualité dont tous n’ont pas eu l’habitude en Bleu : ils ont fait simple avec de la fluidité dans les connexions. Cette ultra-domination aurait dû leur permettre de se mettre à l’abri plus rapidement. Avec Olise sur le côté droit, Thuram à gauche, Mbappé en pointe et surtout beaucoup de permutations, le grand gagnant aura été Rayan Cherki : disponible, toujours dans le bon tempo, l’ancien Lyonnais a étalé toute sa progression. Un vrai meneur de jeu qui a souvent été le déclencheur, mais aura finalement été le premier à conclure d’un magnifique enchaînement conclu d’une frappe croisée (1-0, 45e).

Mbappé (7e), Olise (21e), Thuram (33e), Tchouaméni (39e) et lui-même (34e, 42e) auraient dû faire mouche avant. Le manque d’efficacité aura été un point noir, avec des inattentions défensives qui auraient pu coûter cher, à l’image d’une profondeur mal gérée par Konaté (4e) ou une balle perdue par Tchouaméni qui aura eu le mérite de réchauffer Maignan (44e).

Errements défensifs

La composition de départ avait confirmé des tendances sur le 4-2-3-1 de Deschamps attendu contre le Sénégal : l’avantage au duo Tchouaméni – Rabiot au milieu, de Jules Koundé en latéral droit ou de Konaté en doublure de Saliba comme axial droit. La seconde mi-temps, avec notamment les sorties d’Upamecano, Olise et Mbappé dès la pause, a marqué une rupture. Moins à l’aise avec le ballon, les Tricolores ont été rapidement punis avec deux entrants pris à froid : Lacroix aspiré par un décrochage de Diallo puis surpris dans son dos par Guéla Doué prenant Digne de vitesse (1-1, 53e).

Avec une équipe devenue expérimentale, les coéquipiers du capitaine N’Golo Kanté ont cette fois eu du mal à trouver de la continuité et à venir créer du danger sur le but de Fofana. Ils ont même souvent semblé à la limite, gênés par la puissance adverse au milieu et le jeu direct des Ivoiriens.

C’est donc presque logiquement que les hommes d’un autre Nantais, Emerse Faé, ont pris l’avantage et renversé de bonheur les nombreux supporters ivoiriens. Après une récupération à l’entrée du camp des Bleus et un renversement, les Éléphants ont frappé après un dédoublement de Guéla Doué et un centre en retrait pour Diallo (1-2, 84e). Les Bleus ont peut-être deux équipes, mais l’une reste beaucoup plus forte que l’autre.

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