Le pape Léon XIV est arrivé samedi en Angola dans l’espoir de prêcher la joie et l’espoir à ce peuple qui souffre depuis plusieurs décennies
Le souverain pontife entamait alors la troisième étape de son voyage en Afrique, qui comprend la visite de quatre pays.
L’avion du pape a atterri à l’aéroport international de Luanda après un vol en provenance de Yaoundé, au Cameroun, où il a célébré une messe matinale devant environ 200 000 fidèles.
En chemin, il a de nouveau commenté ses échanges avec le président américain Donald Trump au sujet de la guerre en Iran, qui a débuté le 28 février par des frappes conjointes américano-israéliennes suivies de représailles de Téhéran. Le pape a répété qu’il n’était «absolument pas dans son intérêt» de débattre avec le président, mais qu’il continuerait à prêcher le message de paix de l’Évangile.
Lors de sa visite au Cameroun, le pape Léon a encouragé les jeunes à garder l’espoir malgré un sentiment de désillusion. Il a également exigé que les élites cessent d’exploiter la terre et son peuple à des fins lucratives. C’est un message qu’il devait réitérer en Angola, une autre ancienne colonie européenne riche en minerais où une grande partie de la population vit dans la pauvreté.
Dans son homélie de samedi, prononcée en français, le souverain pontife a affirmé que le respect de la dignité humaine était la pierre angulaire de toute société.
«C’est pourquoi chaque communauté a l’obligation de créer et de maintenir des structures de solidarité et d’entraide dans lesquelles, face à des crises — qu’elles soient sociales, politiques, sanitaires ou économiques —, chacun puisse donner et recevoir de l’aide selon ses propres capacités et besoins», a-t-il déclaré.
Angola
Le pape Léon rencontrera le président João Lourenço et prononcera son premier discours devant les autorités gouvernementales angolaises.
Ce pays d’Afrique australe compte environ 38 millions d’habitants. Il a obtenu son indépendance du Portugal en 1975, mais il porte encore les stigmates d’une guerre civile dévastatrice qui a fait rage par intermittence pendant 27 ans avant de prendre fin en 2002. On estime que plus d’un demi-million de personnes ont été tuées.
La guerre civile a été pendant des années un conflit par procuration de la Guerre froide, les États-Unis et l’Afrique du Sud de l’apartheid soutenant un camp, et l’Union soviétique et Cuba soutenant l’autre.
«J’aimerais entendre un message de paix, un message de réconciliation», a déclaré Sergio Jose, un habitant de Luanda. «J’aimerais également entendre de bons messages politiques et j’aimerais aussi que le pape aborde les prochaines élections en Angola», a-t-il ajouté.
L’Angola est aujourd’hui le quatrième producteur de pétrole d’Afrique et figure parmi les 20 premiers producteurs mondiaux, selon l’Agence internationale de l’énergie. C’est également le troisième producteur mondial de diamants et le pays dispose d’importants gisements d’or et de minéraux stratégiques très recherchés.
Malgré la diversité de ses ressources naturelles, la Banque mondiale estimait en 2023 que plus de 30 % de la population vivait avec moins de 2,15 $ par jour.
Au Cameroun, le pape avait dénoncé les «chaînes de la corruption» qui entravaient le développement, ainsi que la «poignée de tyrans» qui ravageaient la Terre par la guerre et l’exploitation. Il devrait aborder des points similaires en Angola.
Le défunt ancien président José Eduardo dos Santos, qui a dirigé l’Angola pendant 38 ans, de 1979 à 2017, a été accusé d’avoir détourné des milliards de dollars de fonds publics au profit de sa famille, provenant en grande partie des recettes pétrolières du pays, alors que des millions de personnes vivaient dans la pauvreté.
Après l’arrivée au pouvoir de Lourenço, son administration a estimé qu’au moins 24 milliards $ avaient été volés ou détournés par dos Santos. L’administration de Lourenço s’est engagée à lutter contre la corruption et s’est efforcée de récupérer les fonds qui auraient été volés sous le régime de dos Santos.
Toutefois, les critiques soulignent que l’Angola reste confronté à de graves problèmes de corruption et se demandent si les actions de Lourenço ne visaient pas davantage ses rivaux politiques afin de consolider son pouvoir.
Un héritage de l’esclavage
L’Angola, sur la côte sud-ouest de l’Afrique, était considéré comme l’épicentre de la traite transatlantique des esclaves lorsqu’il était une colonie portugaise. Plus de 5 millions des quelque 12,5 millions d’Africains réduits en esclavage ont été envoyés outre-mer à bord de navires partant d’Angola, soit plus que de tout autre pays, bien qu’ils ne fussent pas tous angolais.
Le point culminant de la visite du pape Léon en Angola devrait être sa visite dimanche à Muxima, au sud de Luanda. Il s’agit d’un sanctuaire catholique très fréquenté dans un pays où environ 58 % de la population est catholique.
L’église Notre-Dame de Muxima a été construite par les colonisateurs portugais à la fin du XVIe siècle dans le cadre d’un complexe fortifié et est devenue une plaque tournante de la traite des Noirs. Elle reste un rappel du lien inextricable qui existait il y a des centaines d’années entre le catholicisme et l’exploitation du continent africain.
Léon XIV, premier pape né aux États-Unis de l’histoire, a des ancêtres noirs et blancs, parmi lesquels figuraient à la fois des esclaves et des propriétaires d’esclaves, selon des recherches généalogiques. Il se rend à Muxima pour y prier le Rosaire, en reconnaissance du fait que ce site est devenu une destination de pèlerinage populaire après que des croyants eurent rapporté une apparition de la Vierge Marie vers 1833.
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Gerald Imray a contribué à cet article depuis Le Cap, en Afrique du Sud.
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