Attaques au Mali : la Côte d’Ivoire conditionne toute assistance à une requête officielle – La Nouvelle Tribune

La Côte d’Ivoire a posé des conditions strictes à toute aide au Mali, à la suite des attaques du 25 avril ayant visé plusieurs villes, dont Bamako et Kidal. Lors du Conseil des ministres du 29 avril, Amadou Coulibaly, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a indiqué qu’Abidjan restait disposée à coopérer, mais qu’aucune aide ne serait apportée sans une demande formelle de Bamako.

Ces attaques, menées conjointement le 25 avril par le GSIM (groupe djihadiste affilié à Al-Qaïda) et le FLA (mouvement séparatiste touareg), ont visé six grandes localités dont Bamako et Kidal. L’offensive a tué plusieurs personnes, dont le ministre malien de la Défense, Sadio Camara, décédé lors d’un attentat suicide à Kati. À Kidal, les deux groupes ont pris le contrôle de la ville, forçant les forces maliennes et russes à se retrancher dans la base militaire. Lors d’une réunion du Conseil supérieur de la Défense nationale le 29 avril, les autorités maliennes ont affirmé que la situation restait sous contrôle sur l’ensemble du territoire national

Une assistance subordonnée à une demande officielle

Le gouvernement ivoirien refuse de s’engager unilatéralement. « Pour coopérer, il faut être au moins deux », a affirmé Amadou Coulibaly, soulignant que toute collaboration nécessiterait un cadre formel établi par Bamako. À date, aucune demande officielle d’assistance n’a été adressée à Abidjan par les autorités maliennes. Le porte-parole a précisé qu’aucun ressortissant ivoirien n’avait été officiellement signalé parmi les victimes, bien que la Côte d’Ivoire reste vigilante quant aux possibles « victimes collatérales ».

Préparation à l’arrivée de réfugiés

La situation sécuritaire au Mali pourrait entraîner une augmentation des flux migratoires vers la Côte d’Ivoire. Face à ce risque, les autorités ivoiriennes anticipent l’arrivée possible d’un nombre important de réfugiés maliens. « Nous nous attendons à un afflux si la situation se dégrade davantage », a reconnu Amadou Coulibaly. Des dispositifs sociaux sont déjà activés afin d’accueillir et d’accompagner ces populations déplacées a t-il ajouté.

Renforcement des mesures frontalières

La Côte d’Ivoire indique avoir mis en place, depuis plusieurs années, des dispositifs solides pour la sécurisation de ses frontières. Amadou Coulibaly a assuré que ces mécanismes restent pleinement opérationnels, tout en s’abstenant de fournir des précisions d’ordre militaire.

Sur la position politique globale, le gouvernement ivoirien s’aligne sur le multilatéralisme. « Nous unissons nos voix à celles de la CEDEAO et de l’Union africaine », a déclaré le porte-parole, rappelant que ces organisations ont déjà publiquement réagi à la crise malienne. Cette approche reflète la volonté d’Abidjan de coordonner toute réponse régionale plutôt que d’agir de manière isolée.

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