Feiza Ben Mohamed, Mariem Njeh
14 Juillet 2026•Mise à jour: 14 Juillet 2026
La France a commémoré mardi le dixième anniversaire de l’attentat commis le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais à Nice, lors d’une cérémonie officielle présidée par le président français Emmanuel Macron.
Une journée organisée en plusieurs temps forts
Un défilé républicain s’est tenu à 9h00 place Masséna, rassemblant les forces armées, les forces de sécurité intérieure et les services de secours. La cérémonie mémorielle présidée par le chef de l’État a débuté à 18h00 sur la même place, où une tribune de 818 places avait été installée face au miroir d’eau, en présence des familles des 86 victimes, ainsi que de membres du gouvernement, d’anciens chefs d’État et d’anciens Premiers ministres.
La séquence a été conçue en concertation avec quatre associations de victimes, Promenade des Anges, Mémorial des Anges, Life for Nice et Une Voie des Enfants,. Elle s’est ouverte par la diffusion d’un film d’une dizaine de minutes puis par la lecture d’un poème d’Alphonse de Lamartine par une élève du Théâtre National de Nice âgée de 13 ans. Quatre-vingt-six chaises bleues avaient été disposées en arc de cercle selon un axe de 115,5°, référence à l’orientation de la Baie des Anges ; 43 enfants et 43 primo-intervenants y ont symboliquement déposé un rameau d’olivier. La Patrouille de France a ensuite survolé la ville, avant les prises de parole des représentants des quatre associations de victimes, du maire de Nice Éric Ciotti et du président français Emmanuel Macron.
Un concert symphonique de l’Orchestre Philharmonique de Nice est prévu à 20h30 au Théâtre de Verdure, suivi à 22h15 d’un spectacle de 2 016 drones sur la Promenade des Anglais, un chiffre en référence à l’année de l’attentat, puis, à 22h34, d’une mise en lumière de 86 faisceaux lumineux au Kiosque à Musique, en mémoire de chacune des victimes.
« Nous n’avons oublié aucun nom, aucun village, aucune histoire »
Dans son discours, Emmanuel Macron a affirmé : « Nous n’avons oublié aucun nom, aucun village, aucune histoire. » Le président français a évoqué un attentat qui avait fait 86 morts, dont des enfants, ainsi que plusieurs centaines de blessés physiques et psychiques, en quatre minutes environ, lorsqu’un camion avait foncé sur une foule de 30 000 personnes réunie pour la Fête nationale.
Le chef de l’État a également rappelé l’évolution du dispositif antiterroriste français depuis 2016, création de la coordination nationale du renseignement, renforcement de la DGSI et du parquet national antiterroriste, tout en soulignant que la menace demeurait, selon lui, « plus diffuse » et liée notamment à la radicalisation en ligne.
Emmanuel Macron a rendu hommage aux policiers, sapeurs-pompiers, personnels du SAMU et du centre hospitalier de Nice ainsi qu’aux nombreux anonymes ayant porté secours aux victimes cette nuit-là. Il a également salué le rôle des associations de victimes dans l’amélioration de l’accompagnement administratif et psychologique, indiquant que près de 3 000 victimes avaient été prises en charge et indemnisées depuis l’attentat.
Sur le plan judiciaire, le chef de l’État a rappelé que le procès en première instance puis en appel avait « commencé à établir les responsabilités », précisant que l’auteur de l’attaque, tué le soir des faits, n’était plus là pour répondre de ses actes devant la justice, un vide qu’il a qualifié d’« épreuve supplémentaire ».
De son côté, le maire de Nice Éric Ciotti a affirmé : « Nice n’a pas peur. Nice se souvient. »
Trois jours de commémorations
Les cérémonies du dixième anniversaire avaient débuté dimanche par une marche solennelle sur la promenade des Anglais, à laquelle auraient participé environ 300 proches de victimes parmi près d’un millier de personnes au total, selon des médias français. Le cortège aurait retracé le trajet emprunté par le camion lors de l’attaque.
Une cérémonie interreligieuse s’est ensuite tenue lundi à la Villa Masséna, réunissant sur invitation les représentants des différents cultes présents à Nice.
Rappel
Le soir du 14 juillet 2016, à 22h33, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel s’était lancé dans une course meurtrière de quatre minutes au volant d’un camion, percutant la foule venue assister aux feux d’artifice sur la Promenade des Anglais. Il avait tué 86 personnes avant d’être abattu par la police.
L’attentat avait été rapidement revendiqué par le groupe terroriste Daech, mais aucun élément n’avait été retrouvé par les enquêteurs pour établir un lien formel entre l’organisation et l’auteur de l’attaque. L’hypothèse d’une revendication opportuniste restait donc, selon ces mêmes éléments d’enquête, la plus solidement étayée. Le profil de l’auteur, décrit comme violent et ayant des antécédents psychiatriques, alimentait par ailleurs le doute sur ses motivations réelles. Si certains témoins avaient fait état d’une radicalisation rapide dans les jours ayant précédé l’attentat, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel avait été décrit par son épouse, dont il était séparé, comme n’ayant aucun intérêt pour la religion.
Sur le plan judiciaire, les huit accusés jugés dans cette affaire ont tous été reconnus coupables en 2022 par la Cour d’assises spéciale de Paris, composée de cinq magistrats, à l’issue d’un procès de trois mois ayant débuté en septembre. Ils ont été condamnés à des peines allant de 2 à 18 ans de prison. Le parquet national antiterroriste avait requis 15 ans de prison contre les trois principaux accusés, jugés pour association de malfaiteurs terroristes, chef d’accusation finalement retenu par la Cour à l’encontre de deux des accusés. D’autres prévenus ont été jugés coupables de trafic d’armes.
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