(SenePlus) – Un éditorial publié par Afrique XXI accuse Paris d’avoir sapé pendant des années toutes les initiatives de dialogue avec les groupes armés djihadistes. La ligne dure imposée par la France entre 2013 et 2022 se retourne aujourd’hui contre le régime malien et ses alliés russes.
Les attaques coordonnées du 25 avril ayant entraîné la chute de Kidal et la mort du ministre malien de la Défense ont suscité en France des commentaires se réjouissant des déboires de Bamako et de Moscou. Mais cet « esprit de revanche aussi malsain qu’aveuglant » occulte la responsabilité française dans la situation actuelle, estime un éditorial publié le 15 mai par Afrique XXI.
Le média indépendant rappelle que Paris a systématiquement bloqué les initiatives poussant au dialogue avec les djihadistes pendant son engagement militaire. En 2017, lorsque la Conférence d’entente nationale organisée par le président Ibrahim Boubacar Keïta recommanda des négociations avec Hamadoun Koufa et Iyad Ag Ghali, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault opposa son veto en déclarant qu’il n’y avait qu’un seul moyen face au terrorisme, rapporte Afrique XXI.
Cette ingérence s’est répétée les années suivantes sous diverses formes. IBK avait relancé des discussions informelles à partir de 2019, mais les militaires qui l’ont renversé en 2020 y ont mis fin en revenant à la position française de refus de tout dialogue.
« Cette guerre aurait peut-être pu être terminée il y a de cela des années si la France n’avait pas sapé toutes les initiatives » de dialogue, estime l’éditorial. Six ans après le coup d’État, la victoire semble illusoire et les victimes se comptent par milliers chaque année. L’échec est autant celui des militaires maliens que celui des dirigeants français qui ont imposé leur ligne dure pendant près d’une décennie, conclut Afrique XXI.
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