« Aucune amélioration n’est à envisager » : le lien entre Alençon et le Mali maintenu malgré un horizon assombri
Rédaction Alençon
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Le contexte international continue de peser lourdement sur la vie du jumelage franco-malien d’Alençon (Orne), un partenariat noué depuis 1970. Réunis en assemblée générale vendredi 24 avril 2026, les membres de l’association de jumelage Alençon-Koutiala (AJAK) ont dressé un constat lucide : l’activité reste limitée, freinée par une situation malienne toujours instable.
Un contexte difficile
« Depuis notre précédente assemblée générale, les activités demeurent modestes », a reconnu le président Gérard Millon, évoquant « les crises qui déchirent le Mali et plus largement l’Afrique de l’Ouest depuis des années ». Un constat sans illusion : « aucune amélioration de la situation n’est à envisager dans les temps qui viennent ».
Une école à soutenir
Malgré ce contexte, l’association poursuit son soutien à l’Institut des jeunes sourds de Koutiala, où quatre postes d’enseignants sont toujours financés par l’association. « Cette situation provisoire dure depuis bientôt quinze ans », a rappelé le coprésident, estimant que rien n’indique que l’État malien puisse un jour prendre le relais.
L’établissement accueille aujourd’hui 51 élèves, âgés de 6 à 24 ans. Gérard Millon a tenu à souligner « l’implication de tous les instants de l’équipe éducative pour permettre aux jeunes élèves de s’épanouir et de pouvoir s’insérer socialement et professionnellement malgré leur handicap ». Plusieurs jeunes poursuivent une formation professionnelle, en couture ou en coiffure, tandis que d’autres trouvent leur place auprès d’artisans. L’école développe aussi une activité de maraîchage.
Garder le lien autrement
Mais cet engagement repose sur un équilibre fragile. « Le maintien du financement de l’école dépend totalement de la bienveillance de la Ville d’Alençon », a-t-il alerté. « La survie de cet établissement, qui aide des enfants rejetés, reste en partie liée à notre soutien. »
Malgré les contraintes, le lien est maintenu. Un échange en visioconférence organisé en novembre dernier, avec le soutien de l’Institut alençonnais La Providence, a permis de réunir des membres des deux villes. « Nous avons exprimé notre besoin de confiance en l’avenir », a confié Gérard Millon. Mais l’inquiétude demeure. « Si l’on veut bien éviter de s’abriter derrière les mots, l’horizon est sombre », a-t-il déclaré.
Les projets maintenus
Pour autant, l’association entend poursuivre ses actions. Elle participera à la Fête d’Ici et d’Ailleurs le 14 juin et espère renouveler les échanges à distance. Une journée dédiée à l’Afrique de l’Ouest, autour du thème de la santé, est également envisagée à l’automne.
Dans ce contexte incertain, une conviction subsiste néanmoins : « des leçons de vie et de courage quotidien nous sont données par les Maliens », a conclu Gérard Millon, déterminé à maintenir l’amitié et la solidarité entre les deux villes.
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