AUDIO. « Nous sommes victimes de ce genre d’accord » : les agriculteurs de Martinique redoutent les conséquences de l’application provisoire de l’accord commercial UE-MERCOSUR

Lucienne Page est maraîchère et présidente de l’association DIPA (Défense des Intérêts des Petits Agriculteurs). Elle est basée dans la commune rurale du Morne-Rouge. De façon assez régulière, l’association organise des ventes directes producteurs-consommateurs. L’ouverture aux produits du Mercosur est pour Lucienne Page un sujet sensible. Elle pourrait porter un nouveau coup à un secteur déjà fragile.

« Nous les producteurs, nous souffrons beaucoup. »

Les fruits et légumes qui pourraient arriver en Martinique sont souvent identiques à ceux cultivés dans l’île (igname, patate douce, oranges, citrons…) Pour ce secteur c’est un peu la double peine. À la faveur d’un traité qui existe avec les Grandes îles de la Caraibe et certains pays de la zone (Traité UE-Cariforum), ce type de production est déjà bien présent sur le marché local. Du coup, les revenus des agriculteurs locaux ont tendance à diminuer.

Rudice Ravier, à la tête de la Société Coopérative d’intérêt Collectif Agricole des Maraîchers de Martinique qui regroupe une centaine de producteurs, craint de voir disparaître des exploitations.

« Notre plus grand ennemi c’est l’importation »

La filière viande concernée

Cet aspect de l’accord suscite de vives tensions. Le traité facilite l’entrée en Europe de viandes bovines et aussi de volailles. Certaines fermes, au Brésil par exemple sont capables de produire 400 mille poulets lorsqu’en Martinique, les structures les plus importantes atteignent à peine les dix mille. On imagine l’impact possible sur des marchés comme les nôtres, un aspect oublié selon José Maurice, le président de la Chambre d’Agriculture de Martinique.

Selon le dernier recensement agricole qui date de 2020, la Martinique comptait un peu plus de 2660 exploitations soit 20% de moins qu’en 2010. Elles sont estimées à un peu plus de 2400 aujourd’hui.

Rendue publique au mois d’avril, une étude de l’INSEE ( l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques) et du Service Statistique du ministère chargé de l’Agriculture a démontré qu’en Martinique 31% des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté : c’est deux à trois fois plus que dans l’Hexagone.

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