Avec le diaspora bonds, le Burkina Faso marche dans les pas du Nigeria et de l’Éthiopie – La Nouvelle Tribune
Le Burkina Faso a lancé mercredi 6 mai à Ouagadougou une opération d’emprunt obligataire baptisée « Diaspora Bonds » visant à mobiliser 125 milliards de FCFA. Pilotée par le Trésor public burkinabè, cette levée de fonds par appel public à l’épargne est ouverte jusqu’au 6 juin 2026.
L’opération s’adresse en priorité à la diaspora, mais reste accessible aux investisseurs du marché financier régional, aux institutions financières et aux particuliers résidant au pays. Les ressources attendues doivent financer des projets d’infrastructures économiques et sociales.
Une émission structurée en deux tranches
Selon les informations communiquées par les autorités burkinabè, l’emprunt est réparti en deux compartiments. L’émission A prévoit une levée de 45 milliards de FCFA sur cinq ans, assortie d’un taux d’intérêt de 6,75 %. L’émission B vise 80 milliards de FCFA sur une maturité de sept ans, avec un rendement de 6,85 %. Le prix unitaire de l’obligation est fixé à 10 000 FCFA.
Les titres seront accessibles à l’ensemble des investisseurs de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Les intérêts doivent être versés périodiquement, selon les modalités fixées par le Trésor.
D’après le ministère de l’Économie et des Finances, cette initiative vise à diversifier les sources de financement public et à associer davantage les Burkinabè de l’étranger au financement du développement national.
Des précédents contrastés en Afrique
Avec ce mécanisme, le Burkina Faso rejoint d’autres États africains ayant déjà sollicité l’épargne de leur diaspora. Le Nigeria a levé en 2017 environ 300 millions de dollars via un emprunt similaire, une opération qui avait suscité une forte demande de la part des investisseurs expatriés.
À l’inverse, l’Éthiopie a rencontré des difficultés à mobiliser sa diaspora lors d’émissions destinées à financer des projets énergétiques, notamment un grand barrage hydroélectrique. Des analyses de la Banque mondiale ont pointé des interrogations sur les garanties et la confiance dans les institutions comme facteurs limitants.
D’autres pays africains, dont le Kenya, ont également testé ce type d’instrument sans parvenir à en faire un outil de financement régulier.
La période de souscription à l’emprunt burkinabè doit s’étendre du 6 mai au 6 juin 2026, avec une possibilité de prolongation en cas de forte demande, selon les autorités.
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