Burkina Faso : RSF dénonce les conditions de détention du journaliste Atiana Serge Oulon et exige sa libération

Selon des informations obtenues par Reporters sans frontières, le journaliste d’investigation burkinabè Atiana Serge Oulon serait détenu arbitrairement dans une villa située dans le quartier de Ouaga 2000, près de l’ambassade des États-Unis, à Ouagadougou. Cette détention secrète, qui se poursuivrait jusqu’à fin 2025 au moins, contredit la version officielle des autorités burkinabè.

Directeur de publication du journal L’Événement, il a été enlevé le 24 juin 2024 à l’aube à son domicile par une dizaine d’hommes armés en civil. Depuis, il n’a plus donné signe de vie. Quelques heures après son enlèvement, deux agents de l’Agence nationale de renseignement se sont présentés chez son épouse pour saisir son matériel informatique et téléphonique.

En octobre 2024, devant la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, le directeur général des droits humains au ministère de la Justice, Marcel Zongo, avait affirmé que plusieurs journalistes, dont Atiana Serge Oulon, avaient été « réquisitionnés » et envoyés au front. Une version formellement démentie par RSF, qui évoque un prétexte destiné à masquer une séquestration arbitraire.

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D’après l’organisation, le journaliste aurait été transféré entre au moins deux villas du quartier de Ouaga 2000. Depuis août 2024, il serait détenu dans une grande pièce aménagée en cellule, équipée d’un dressing et d’une salle de bains, qu’il partagerait avec d’autres détenus, parfois jusqu’à une quarantaine. Deux équipes de garde, dont certains cagoulés, se relaieraient tous les trois jours pour assurer la surveillance.

RSF affirme également qu’Atiana Serge Oulon aurait subi des violences durant les premiers mois de sa captivité et exige sa libération immédiate.

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« Après près de deux ans d’incertitude, nous avons pu établir qu’Atiana Serge Oulon est détenu arbitrairement par le régime burkinabè. La soi-disant mobilisation dans l’armée n’était qu’un paravent pour masquer sa séquestration. Sa place n’est ni au front ni dans une prison secrète », ont déclaré Haïfa Mzalouat et Camille Montagu, respectivement journalistes au bureau investigation et au bureau Afrique subsaharienne de RSF.

Selon l’organisation, le journaliste est dans le collimateur du régime de Ibrahim Traoré depuis décembre 2022. Il avait alors révélé un détournement présumé de 400 millions de francs CFA destinés aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Quelques jours avant son enlèvement, il avait publié un nouvel article sur cette affaire.

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