Bénin : Dr Josias Sohinto expose les enjeux de la digitalisation des cliniques privées – La Nouvelle Tribune
Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN Bénin) a organisé son deuxième rendez-vous consacré au thème « le numérique et l’innovation au service des cliniques privées ». La rencontre a réuni des professionnels des médias et du secteur sanitaire autour du Dr Josias Sohinto, président du Conseil d’administration de l’Association des cliniques privées du Bénin (ACPB).
L’activité du REMAPSEN Bénin, a permis de faire un état des lieux de l’intégration du numérique dans les structures privées de santé et d’exposer les perspectives envisagées par les acteurs du secteur.
Une digitalisation encore embryonnaire au Bénin
Lors de sa communication, le Dr Josias Sohinto a indiqué que la transformation numérique des cliniques privées reste à un stade initial au Bénin, malgré un environnement technologique en progression. Le taux de pénétration du mobile dépasserait 80 % et l’accès à Internet continue de s’étendre, alors que la majorité des établissements fonctionne encore avec des outils de gestion papier.
Des solutions numériques sont néanmoins en cours d’adoption dans certaines structures, notamment des logiciels de gestion hospitalière, l’usage de messageries instantanées pour le suivi des patients ou encore l’utilisation de tableurs pour la gestion des activités. Des initiatives de dématérialisation de la facturation ont également été engagées.
Le responsable de l’ACPB a souligné que la digitalisation permettrait de réduire les erreurs médicales, d’améliorer la qualité des soins et d’optimiser l’organisation interne des cliniques. Des expériences pilotes, incluant la gestion informatisée des dossiers patients et la prise de rendez-vous en ligne, ont déjà permis des gains de temps et une meilleure prise en charge.
Des défis techniques et financiers persistants
Les échanges ont également porté sur les contraintes qui freinent l’adoption du numérique. Le coût des solutions technologiques, la formation insuffisante du personnel et la résistance au changement figurent parmi les principaux obstacles identifiés. La question de l’interopérabilité des systèmes a été soulevée, en raison de la coexistence de solutions qui ne communiquent pas entre elles.
La sécurité des données de santé constitue un autre enjeu. Les risques de cyberattaques et de fuite d’informations sensibles nécessitent, selon les intervenants, des dispositifs de protection renforcés ainsi qu’un cadre réglementaire adapté.
Dans son intervention, le Dr Sohinto a insisté sur la nécessité d’un accompagnement public pour accélérer la transition numérique du secteur privé. « Aujourd’hui si on veut bien faire, on ne peut plus se passer du digital », a-t-il déclaré, évoquant également le besoin d’un appui en matière de formation et de régulation.
Vers une coordination avec les autorités publiques
L’ACPB prévoit de poursuivre ses actions à travers des initiatives structurantes, dont l’organisation de la sixième édition des Journées nationales des cliniques privées du Bénin, annoncée du 11 au 16 mai. Cette rencontre devrait approfondir les réflexions sur les solutions numériques et les modalités de leur déploiement.
Parmi les pistes évoquées figurent la mise en place d’une plateforme mutualisée pour les assurances maladies, le développement de systèmes interopérables et le renforcement du dialogue entre les acteurs publics et privés.
Selon les orientations nationales en matière de transformation digitale, le Bénin a engagé plusieurs réformes pour moderniser l’administration et développer les services numériques, y compris dans le secteur de la santé. Le Système national d’information et de gestion sanitaire (SNIGS) constitue l’un des outils publics visant à structurer la collecte et l’exploitation des données sanitaires.
Les travaux engagés par les acteurs du secteur privé devraient se poursuivre dans les prochains jours, avec l’objectif affiché d’accélérer l’intégration des technologies numériques dans les cliniques et d’améliorer la prise en charge des patients à l’échelle nationale.
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