Bénin : avec Wadagni, vers un début de rapprochement avec l’AES ?

Officiellement investi président de la République du Bénin ce dimanche 24 mai à Cotonou, Romuald Wadagni a accueilli plusieurs délégations étrangères à l’occasion de la cérémonie d’investiture.

Parmi elles, la présence remarquée de représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES) a particulièrement retenu l’attention, ravivant les interrogations sur une possible évolution des relations diplomatiques entre Cotonou et les régimes militaires du Sahel.

La délégation de l’AES, regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali, était conduite par le Premier ministre nigérien Ali Mahamane Lamine Zeine. Elle comprenait également le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, ainsi que le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop. Le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien chargé de l’Intérieur et de la Sécurité publique, figurait également parmi les personnalités présentes.

Cette présence intervient dans un climat régional encore tendu entre le Bénin et plusieurs États de l’AES. La frontière terrestre entre le Bénin et le Niger reste fermée du côté nigérien depuis le coup d’État de juillet 2023.

Malgré la levée des sanctions de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en février 2024 et les annonces de réouverture côté béninois, les relations entre Niamey et Cotonou demeurent fragiles.

En janvier dernier, le général Abdourahamane Tiani avait accusé les présidents Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être impliqués dans des tentatives de déstabilisation, les qualifiant de « parrains de mercenaires ». Il avait ajouté : « Ils ont assez aboyé, qu’ils se préparent à nous entendre rugir. »

Dans ce contexte, la participation des représentants de l’AES à l’investiture du nouveau chef de l’État béninois est interprétée par certains observateurs comme un signal d’apaisement diplomatique.

D’autres analystes y voient plutôt l’amorce d’une normalisation progressive des relations entre le Bénin et ses voisins sahéliens, malgré des divergences encore profondes sur les questions sécuritaires et politiques.

Dans son discours d’investiture, prononcé en présence des délégations de l’AES, Romuald Wadagni a insisté sur la nécessité du dialogue régional et de la coopération sécuritaire : « Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect. À nos pays frères d’Afrique, et d’abord à nos voisins de la sous-région dont je veux saluer ici la présence à nos côtés tant elle nous réjouit, je veux renouveler le message de fraternité du peuple béninois. Ma conviction est que, dans une région confrontée au péril terroriste, nous sommes condamnés à travailler ensemble. Je réitère donc la disponibilité du Bénin à agir de concert avec eux afin de venir à bout de ce fléau. Je suis convaincu qu’ensemble, nous pouvons bâtir une Afrique puissante en faisant nos propres choix d’orientation stratégique et surtout en veillant à leur bonne exécution », a déclaré le président béninois.

La cérémonie, organisée sur l’esplanade du Palais des Congrès à Cotonou, a réuni plusieurs personnalités politiques et diplomatiques, dont les anciens présidents béninois Nicéphore Soglo et Thomas Boni Yayi. Au total, environ seize délégations étrangères ont pris part à l’événement.

Pendant ce temps, à Ouagadougou, le président du Faso Ibrahim Traoré a reçu en audience le négociateur en chef de la CEDEAO, l’ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté. À l’issue de cette rencontre, ce dernier a indiqué que les échanges avaient porté sur plusieurs questions sensibles liées notamment à la sécurité et à la stabilité régionale.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.