Huit semaines après une visite du président du Bénin au Niger et cinq semaines après une réunion d’experts nigériens et béninois, où en est le processus de réouverture de la frontière entre les deux pays, trois ans après sa fermeture suite à une crise diplomatique entre les deux voisins ? Selon les informations de RFI, Niamey exigerait notamment des préalables sécuritaires et judiciaires. Explications.
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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan
Où en est le processus de décrispation des relations Bénin–Niger ? Malgré l’optimisme et l’enthousiasme affichés à Cotonou les 20 et 21 juin 2026, à l’issue de la réunion du comité mixte d’experts nigériens et béninois, la frontière entre les deux pays demeure fermée.
Les observateurs avertis pressentaient un blocage ou des points de désaccord entre les deux voisins. Or, les propos tenus par le chef de la junte nigérienne sur la télévision d’État (ORTN), le 26 juillet, à l’occasion de l’anniversaire de son arrivée au pouvoir, viennent le confirmer. Abdourahamane Tiani a déclaré en substance : « Il y a des préalables qui doivent trouver des réponses avant de prendre la décision irréversible de l’ouverture de la frontière. »
Forces étrangères
Après la réunion de Cotonou, le calendrier prévoyait pourtant une validation au sommet de projets d’accord et puis une signature à Niamey.
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Mais, aux dernières nouvelles, les autorités nigériennes ont transmis à Cotonou leurs observations sur les projets d’accord avec un préalable majeur à la réouverture : les accords de défense et de sécurité. Selon les informations de RFI, le régime nigérien demande le redéploiement des forces étrangères qu’il soupçonne d’être présentes au nord du Bénin. En clair : qu’elles soient positionnées loin des frontières nigériennes. Le Bénin a pourtant toujours démenti leur présence.
Effacement de peines
Autre exigence du Niger : une amnistie pour les fonctionnaires nigériens, dont la Directrice générale adjointe de West African Oil Pipeline Company (Wapco) Niger, condamnée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) à 18 mois de sursis pour usurpation de titre et faux badges, en juin 2024. Même s’ils sont rentrés libres au Niger depuis cette époque, leur pays demande, pour eux, un effacement de la peine.
Selon les prévisions, les experts des deux pays envisageaient une réouverture autour du 15 juillet dernier pour les personnes et le vrac, et plus tard pour les conteneurs.
Ces observations et amendements appellent des réponses de la partie béninoise. Ont-elles été formulées et transmises, ou pas encore ? En l’absence de communication officielle sur ce dossier, difficile de trancher. Les ministres sollicités n’ont pas répondu, et les propos du général Tiani sont restés sans réaction officielle.
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