Brésil : l’ombre de Donald Trump plane déjà sur la présidentielle

Par Matthieu Le Gall

Lula contre Bolsonaro. L’affiche de la présidentielle brésilienne, qui aura lieu en octobre, a comme un air de déjà-vu. Mais contrairement au scrutin de 2022, c’est Flavio Bolsonaro, le fils de l’ex-président détenu pour tentative de coup d’État, qui va porter les couleurs de l’extrême droite face à l’octogénaire Luiz Inácio Lula da Silva, dans un pays très polarisé.

Contrairement à 2022, encore, le locataire de la Maison-Blanche a changé. L’ombre de Donald Trump, qui vient d’assommer le Brésil en imposant 25 % de droits de douane sur certains produits en provenance du plus grand pays d’Amérique du Sud, plane déjà sur la campagne. Renforcé par l’élection du populiste Abelardo de la Espriella en Colombie, de Keiko Fujimori au Pérou et, avant eux, de José Antonio Kast au Chili, Donald Trump compte effacer toute trace de la gauche sur le sous-continent. Il n’a fait d’ailleurs fait preuve d’aucun scrupule pour peser sur les élections de mi-mandat en Argentine, en conditionnant un prêt américain de 40 milliards de dollars à une victoire de Javier Milei.

L’interventionnisme de Washington en Amérique du Sud n’est pas nouveau. Mais « après des années de négligence, les États-Unis réaffirmeront et feront respecter la doctrine Monroe afin de rétablir la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental », martèle la nouvelle stratégie de sécurité nationale. En cela, elle est aussi aidée par le mécontentement des opinions publiques sud-américaines face au coût de la vie et à la corruption des élites. Au Brésil, la dernière bataille de Lula s’annonce difficile.

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