Le ciel est voilé, l’horizon brouillé et l’air particulièrement dense depuis plusieurs jours. En cause : un nouvel épisode de brume de sable venu du Sahara. Invisibles à l’œil nu pour la plupart, les particules fines PM2,5 et PM10 envahissent l’atmosphère et dégradent fortement la qualité de l’air.
À Fort-de-France, les habitants ressentent déjà les effets de cette pollution.
« Ça me pique le nez et la gorge depuis 2-3 jours. Je fais avec, je ne peux pas faire autrement. Après c’est les médicaments », témoigne une riveraine.
Certains continuent malgré tout leurs activités sans forcément consulter les alertes.
« Je suis descendue faire ce que j’avais à faire. Je n’ai pas regardé la qualité de l’air pour pouvoir descendre faire mes courses », confie une autre riveraine.
Un indicateur de qualité de l’air au rouge
Selon Madinin’air, l’indice atmosphérique est actuellement classé « mauvais ». Cet indicateur prend en compte plusieurs polluants : le dioxyde d’azote, principalement lié à la circulation automobile, le dioxyde de soufre, particulièrement polluant, mais aussi l’ozone, favorisé par les fortes chaleurs et les réactions chimiques dans l’atmosphère.
Cet épisode de pollution est directement lié aux poussières désertiques transportées par les alizés depuis le Sahara, un phénomène fréquent durant cette période de l’année et accentué par les conditions climatiques liées à El Niño.
« On sait que ce sont des phénomènes essentiellement composés de particules fines désertiques, d’origine siliceuse, avec des minéraux, des métaux lourds et quelques éléments radioactifs, mais à l’état de trace. Elles peuvent ensuite se charger en d’autres composés, notamment carbonés, issus de notre activité humaine. »
Gaëlle Vermon-Grataloup, chargée de communication chez Madinin’air · ©Interrogée par Catherine Gonier-Cléon
Le souvenir du « Godzilla » de 2020
La Martinique a déjà connu des épisodes historiques de pollution liés aux brumes de sable. En 2020, l’île avait subi douze jours consécutifs de pollution intense.
À la fin du mois de juin, un immense nuage de poussière saharienne, surnommé « Godzilla » par les Américains, avait traversé tout l’arc antillais avant d’atteindre les Grandes Antilles, le golfe du Mexique et les côtes américaines.
Le 22 juin 2020, Madinin’air avait enregistré une concentration record de particules fines PM10 à 274 μg/m3 sur 24 heures, alors que le seuil d’alerte est fixé à 80 μg/m3. Les experts avaient alors qualifié cet épisode de plus important des cinquante dernières années, par son étendue et sa densité.
Cette semaine encore, les autorités recommandent aux personnes sensibles — enfants, personnes âgées, asthmatiques ou souffrant de pathologies respiratoires — de limiter les activités physiques et les expositions prolongées à l’extérieur.
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