C’est l’information qui aura marqué le début de semaine le monde économique au Gabon et qui est abondamment commentée dans les milieux d’affaires. Après soixante-seize ans de présence au Gabon, la société de BTP Colas, filiale du géant français Bouygues et qui rayonne dans plusieurs pays africains, se retire du marché gabonais. En effet, la société a cédé l’intégralité de ses actifs à la holding ACK, une firme détenue par l’homme d’affaires gabonais Alain Claude Kouakoua. Selon la rumeur qui enfle à Libreville, il se dit que Colas aurait été poussée à « faire la place à un enfant du pays » dans les chantiers de rénovation des infrastructures.
Selon les deux parties, la transaction devrait être finalisée à l’été 2026. Le secteur du BTP est promis à un bel avenir avec l’intention des autorités d’accélérer la construction et la rénovation des infrastructures. En 2025, le secteur a été un des moteurs de la croissance avec un bond spectaculaire de 61,8 % du chiffre d’affaires au dernier trimestre.
Ce passage de témoin intervient alors que Colas Gabon revendique un carnet de commandes bien rempli, évalué à 76 milliards FCFA. Ce portefeuille comprend des chantiers névralgiques pour le Gabon, notamment la réhabilitation de l’axe Bifoun-Lambaréné et la modernisation des voiries de Franceville. Pour le groupe ACK, déjà actif dans la logistique, l’intégration des actifs industriels de la filiale de Bouygues constitue une montée en puissance immédiate dans un secteur où la demande est en effervescence, et qui se ressent aussi chez les fournisseurs de matériaux de construction.
Cette transaction coïncide avec une explosion de crédits bancaires : selon les dernières données de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), les crédits à l’économie ont bondi de 27,3 % pour atteindre 1.845,2 milliards FCFA à fin 2025. Cette abondance de capitaux permet à des groupes locaux de racheter des filiales de multinationales, en se mettant en phase avec la stratégie officielle de garder le maximum de valeur ajoutée et les centres de décision localement. Cette opération de « souveraineté économique » dont se revendique le pouvoir actuel à Libreville, est quelque part, un signal envoyé aux investisseurs internationaux.
Le groupe ACK s’engage à maintenir les acquis sociaux et les conditions opérationnelles des salariés de Colas. Dans un contexte où l’inflation est maîtrisée à 0,1 %, limitant l’érosion des marges contractuelles, cette acquisition positionne le groupe ACK comme un futur leader intégré du BTP gabonais, capable de porter les ambitions infrastructurelles du pays avec un capital national.
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