(Multimédia) La politique de zéro droit de douane ouvre de nouvelles perspectives au caoutchouc ivoirien (REPORTAGE) – Xinhua
A partir du 1er mai, la Chine mettra en œuvre une politique de zéro droit de douane à l’égard de 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Cette mesure devrait offrir de nouvelles opportunités aux produits agricoles ivoiriens, notamment le caoutchouc, en facilitant leur accès à un marché à fort potentiel.
ABIDJAN, 21 avril (Xinhua) — A l’arrivée de la saison des pluies dans le sud de la Côte d’Ivoire, une fine brume enveloppe au petit matin les plantations d’hévéas. Alignés à perte de vue, les arbres laissent s’écouler lentement un latex blanc, recueilli goutte à goutte par les saigneurs après de fines incisions pratiquées sur les troncs.
Premier producteur africain de caoutchouc naturel, la Côte d’Ivoire considère cette ressource comme un véritable « or blanc ». En 2024, la production nationale a atteint environ 1,8 million de tonnes, plaçant le pays au troisième rang mondial. Toutefois, l’industrie reste largement dépendante de l’exportation de matières premières, avec une capacité de transformation encore limitée et une forte exposition aux fluctuations des prix internationaux.
A partir du 1er mai, la Chine mettra en œuvre une politique de zéro droit de douane à l’égard de 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle. Cette mesure devrait offrir de nouvelles opportunités aux produits agricoles ivoiriens, notamment le caoutchouc, en facilitant leur accès à un marché à fort potentiel.
Dans la région de San Pedro (sud-ouest), au sein d’une usine de transformation de caoutchouc de l’entreprise chinoise Mainland Group, les chaînes de production tournent à plein régime. A l’approche de l’entrée en vigueur de la mesure, l’entreprise intensifie ses activités pour constituer des stocks. Nettoyé, compressé puis séché, le latex est transformé en produits standardisés, soigneusement emballés et prêts à être exportés vers la Chine.
Dans un laboratoire de l’usine, Leon Boitenin, 26 ans, analyse des échantillons avec précision. « Mon travail consiste à vérifier la qualité du caoutchouc à chaque étape de la production afin de garantir sa conformité », explique-t-il.
Avant l’implantation de l’usine, les opportunités d’emploi étaient rares dans la région. « Beaucoup de jeunes restaient sans activité. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à trouver un emploi et à subvenir aux besoins de leur famille », ajoute-t-il.
Houon Gueu, superviseur de production, a gravi les échelons depuis son poste initial d’ouvrier. « J’ai commencé comme agent de production, puis je suis devenu chef d’équipe et aujourd’hui superviseur, avec un revenu en hausse », témoigne-t-il.
Selon lui, le développement des capacités de transformation contribue à l’allongement de la chaîne de valeur. « Autrefois, nous exportions surtout des matières premières. Désormais, nous pouvons produire localement des semi-produits, ce qui augmente la valeur ajoutée et crée davantage d’emplois ».
Dans le département de Dabou, le producteur et négociant Roland Yobouet observe également des évolutions positives. Fort de 15 années d’expérience, il a connu les périodes difficiles du secteur. « Vers 2018, il était très difficile d’écouler le caoutchouc », se souvient-il. « Aujourd’hui, la vente est plus fluide et il n’y a plus de stocks invendus ».
Il souligne également les progrès logistiques : « Autrefois, il fallait attendre trois à quatre jours pour la pesée après livraison. Désormais, le paiement intervient en moins de 24 heures ». Cette amélioration lui a permis d’augmenter la production mensuelle, passée de 2.000 à 10.000 tonnes, et de stabiliser les revenus.
Pour lui, la future politique chinoise de zéro droit de douane constitue une opportunité majeure : « La suppression des droits de douane réduira les coûts pour les entreprises, ce qui est très favorable pour nous ».
Les autorités locales partagent cet optimisme. Soumahila Kolo Koné, sous-préfet de San Pédro, estime que cette mesure représente « une excellente nouvelle ». Selon lui, « le vaste marché chinois offrira un débouché stable au caoutchouc ivoirien et permettra à nos produits d’accéder à des marchés plus larges ».
Il ajoute que l’amélioration de l’environnement des exportations favorisera le développement de l’industrie locale : « Cela contribuera à l’emploi des jeunes, à l’augmentation de la valeur ajoutée et à l’accélération du processus d’industrialisation ».
Depuis son implantation en Côte d’Ivoire en 2018, le Mainland Group a investi dans plusieurs usines de transformation, avec une capacité totale d’environ 480.000 tonnes. « Nos cinq usines emploient directement environ 2.500 personnes », indique Zhang Liang, directeur général adjoint du groupe. « Chaque site contribue également au développement des communautés environnantes ».
Selon lui, la politique de zéro droit de douane renforcera la compétitivité du caoutchouc africain sur le marché chinois, encouragera les investissements dans la transformation locale et favorisera la montée en gamme de la filière. Elle devrait également améliorer les revenus des planteurs et des travailleurs, tout en consolidant une dynamique de développement partagé entre entreprises et communautés.
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