Ce premier groupe de migrants est arrivé, vendredi dernier, à Kinshasa, dans le cadre d’un accord bilatéral entre Washington et la RDC. Parmi eux, figurent des ressortissants du Pérou, d’Equateur et de Colombie. Ils sont hébergés au complexe hôtelier Venus village, dans la commune de la N’Sele, dans l’est de Kinshasa.
L’Organisation internationale pour les migrations affirme avoir été sollicitée par le gouvernement congolais, afin de leur fournir une assistance humanitaire.
Une opération jugée « opaque »
Alors que le gouvernement congolais a bien insisté sur le caractère temporaire du séjour de ces migrants en République démocratique du Congo, des questions demeurent en raison de l’opacité qui entoure l’opération.
Leurs avocats rappellent que la règle qui s’applique à toute personne ayant besoin d’une protection internationale est l’interdiction du retour dans son pays, où sa vie, son intégrité et ses droits sont menacés.
Alma David, l’avocate d’une Colombienne transférée à Kinshasa, a indiqué à la Deutsche Welle que dans ces conditions, sa cliente n’est pas du tout dans un endroit sûr. Elle estime que le fait de la garder dans un hôtel, dans un pays où elle n’a aucun lien, est une façon de la forcer à renoncer à sa demande de protection.
Dans tous les cas, pour cette avocate, ces déportations des migrants vers des pays tiers violent à la fois le droit américain et le droit international.
Des question sur ce gagne la RDC
L’Organisation internationale pour les migrations affirme avoir été sollicitée par le gouvernement congolais, afin de fournir une assistance humanitaire à ces personnes. C’est ce que nous explique une source de l’OIM s’exprimant sous anonymat.
« En complément d’une assistance fondée sur les besoins et sur des évaluations individuelles, l’OIM peut également proposer une aide au retour volontaire assisté aux migrants qui en font la demande, conformément à son mandat et aux cadres juridiques applicables. Tous les retours assistés par l’OIM sont strictement volontaires et reposent sur le libre consentement préalable et éclairé des personnes concernées. »
Plusieurs questions restent posées concernant la durée du séjour de ces migrants en RDC, leur effectif exact et ce que les autorités congolaises ont reçu en contrepartie de l’accueil des migrants. L’OIM précise qu’elle ne joue aucun rôle dans les accords bilatéraux. C’est ce que nous dit notre source.
« L’OIM se réserve le droit de limiter, de refuser ou de suspendre son implication si les normes minimales de protection ne peuvent être garanties. Les questions relatives aux termes ou au champ d’application de tout accord bilatéral doivent être adressées aux autorités gouvernementales compétentes. »
La RDC n’est pas le premier pays africain à avoir accueilli des migrants expulsés des Etats-Unis. Parmi les autres pays ayant accepté ce partenariat figurent le Ghana, le Cameroun, l’Ouganda, l’Etswatini et le Rwanda.
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