Murphy Oil prévoit de conclure, avant la fin de l’année, les contrats qui doivent lui permettre de lancer son nouveau programme d’exploration au Cameroun. L’information figure dans la lettre trimestrielle adressée aux actionnaires à l’occasion de la publication des résultats financiers du deuxième trimestre 2026.
» Nous avons fait progresser des accords clés concernant des blocs d’exploration au Cameroun et soumis une demande pour des blocs offshore en Mauritanie, entamant ainsi des discussions avec le gouvernement. Nous prévoyons de finaliser les contrats dans les deux pays au cours du second semestre de l’année « , indique le groupe dans ce document destiné aux investisseurs.
Cette annonce s’inscrit dans le prolongement de la décision rendue publique par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) le 24 avril 2026. L’entreprise publique, chargée de la gestion du secteur pétrolier, avait annoncé avoir retenu Murphy West Africa Ltd et Octavia Energy Corporation Limited pour l’exploitation de cinq blocs pétroliers, au terme d’un appel à manifestation d’intérêt lancé le 1er août 2025 sur neuf blocs répartis entre les bassins du Rio del Rey et de Douala-Kribi-Campo.
Selon la SNH, Murphy West Africa Ltd, filiale de Murphy Oil Corporation cotée à la Bourse de New York, a été sélectionnée pour les permis Etinde Exploration, Tilapia, Elombo et Ntem. De son côté, Octavia Energy Corporation Limited s’est vu attribuer le bloc Bomana. Cette désignation ouvrait la voie à des négociations entre les autorités camerounaises et Murphy Oil en vue de définir les modalités économiques, fiscales et opérationnelles des futurs contrats de partage de production.
Ces négociations devaient notamment porter sur les engagements techniques et financiers des opérateurs, les programmes de travaux, incluant des forages exploratoires, ainsi que les dispositions relatives au contenu local et à la formation. La lettre adressée aux actionnaires montre désormais que Murphy Oil ambitionne de finaliser ces contrats avant la fin de l’année 2026.
Un secteur en quête de nouveaux investissements
Cette perspective intervient dans un contexte où le secteur pétrolier camerounais fait face à des défis croissants, liés notamment au vieillissement des champs en production et au recul des investissements consacrés à l’exploration. Selon les statistiques de la SNH, les dépenses d’investissement se sont établies à 169,5 milliards de FCFA en 2023, contre 240 milliards de FCFA un an plus tôt, soit une baisse de 29,4 %. Cette contraction est attribuée au ralentissement des engagements sur plusieurs projets et limite les capacités de renouvellement des réserves ainsi que les perspectives de production à moyen terme.
Cette tendance se répercute déjà sur les performances du secteur. D’après les données de l’Institut national de la statistique (INS), les exportations d’hydrocarbures du Cameroun se sont élevées à 1 055,8 milliards de FCFA en 2025. Elles représentaient 34,3 % des recettes totales d’exportation du pays, mais ont reculé de 327,5 milliards de FCFA sur un an, soit une baisse de 23,7 %.
Dans ses dernières analyses, le Fonds monétaire international (FMI) estime que les recettes pétrolières du Cameroun devraient s’établir en moyenne à 579,2 milliards de FCFA sur la période 2026-2027, traduisant la poursuite de leur érosion. Dans ce contexte, la conclusion des nouveaux contrats de partage de production, puis le lancement des campagnes d’exploration qu’ils doivent permettre, constituent un enjeu majeur pour le renouvellement des réserves et le maintien de la production pétrolière du pays.
Perton Biyiha
Publié le 06/08/26 03:20
La Rédaction
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