Cameroun: Une usine clandestine de fabrication de fausses pièces de monnaie démantelée par la gendarmerie à Douala

C’est un coup de filet spectaculaire contre la criminalité financière en Afrique centrale. Une opération d’envergure menée par la Gendarmerie nationale camerounaise a permis de neutraliser un réseau de contrefaçon monétaire à Douala. Dissimulée derrière une activité industrielle légitime, cette structure clandestine produisait à la chaîne de fausses pièces de monnaie métallique, entraînant l’interpellation de cinq individus, dont des expatriés.

Une couverture industrielle ingénieuse au cœur de la capitale économique

L’intervention des forces de l’ordre, exécutée le mardi 9 juin 2026, a mis au jour une organisation criminelle à la logistique particulièrement sophistiquée dans le troisième arrondissement de Douala. Pour ne pas éveiller les soupçons des autorités administratives et des riverains, les faussaires opéraient sous le couvert d’une unité de production officielle spécialisée dans la fabrication d’enduits et de matériaux de construction. Une fois à l’intérieur des installations, les enquêteurs ont pourtant découvert une véritable chaîne de montage industrielle dédiée à la contrefaçon.


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Le préfet du département du Wouri, Sylyac Marie Mvogo, s’est déplacé en personne sur le site de la perquisition pour mesurer l’envergure de cette fraude macroéconomique. Le démantèlement a été rendu possible grâce à une première interpellation dans le premier arrondissement de Douala, où un individu tentait d’introduire ces pièces contrefaites dans les circuits commerciaux locaux. Selon le rapport d’investigation diffusé par la chaîne de télévision Équinoxe TV et relayé par le média Benin Web TV, les interrogatoires menés par les gendarmes ont permis de remonter rapidement la filière jusqu’aux cerveaux de l’organisation : deux Camerounais et trois ressortissants chinois, dont un maître d’œuvre technique.

Une technicité de pointe pour tromper les circuits commerciaux

Le mode opératoire de ce réseau sino-camerounais démontre un niveau de maîtrise technique rarement égalé dans la sous-région. Les contrefacteurs utilisaient du nickel de contrebande pour reproduire massivement les pièces de 500 francs CFA (la plus haute coupure métallique de la zone CEMAC). Pour déjouer les contrôles et s’assurer que la monnaie factice ne soit pas rejetée par les machines ou les commerçants, ils utilisaient des balances électroniques de haute précision afin de calibrer un poids strictement identique aux pièces authentiques frappées par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).

De plus, l’usine clandestine disposait d’un dispositif de polarisation rotatif doté de pierres spécifiques pour polir le métal. Ce traitement de finition conférait artificiellement aux fausses pièces l’aspect patiné et l’usure naturelle d’une monnaie circulant de main en main depuis plusieurs années. La gendarmerie a saisi près de 200 cartons de stockage. Chacun abritait environ 2 300 flans (des pièces vierges non encore frappées), ce qui équivaut à un stock d’une valeur marchande potentielle de 1,8 million de francs CFA par boîte. L’enquête préliminaire indique que ces composants métalliques vierges et les matières premières chimiques provenaient directement d’importations frauduleuses de Chine.

Une offensive globale contre la falsification fiduciaire

Ce démantèlement majeur intervient à un moment où le Cameroun fait face à une recrudescence des tentatives de déstabilisation de sa masse monétaire. Cette saisie de monnaie métallique fait suite à une autre opération policière d’envergure menée le 21 mai 2026 dans la capitale politique, Yaoundé. Les forces de sécurité y avaient intercepté l’équivalent de près de 100 millions de francs CFA en faux billets de banque, comprenant des coupures locales mais également des devises étrangères hautement prisées comme le dollar américain et le franc suisse.

L’usine de Douala 3 a été immédiatement placée sous scellés judiciaires. Alors que les cinq suspects ont été mis à la disposition de la justice, la BEAC et les autorités camerounaises accentuent la surveillance des flux de numéraire pour rassurer les opérateurs économiques et préserver la confiance des consommateurs face aux risques de pollution du marché par de la fausse monnaie.

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