Les obsèques de Foly Dirane ont ravivé un débat que le Cameroun peine à clore. La présence d’une ex-compagne et les tensions autour de l’organisation des funérailles ont relégué au second plan ce qui aurait dû rester une cérémonie de deuil. Tatiana Dirane, épouse légale du défunt présentateur, se serait retrouvée marginalisée au moment précis où son statut devrait lui garantir une place centrale.
Ce qui s’est passé autour de ces funérailles
Les faits, d’abord. Foly Dirane est décédé, laissant derrière lui une épouse reconnue par la loi, Tatiana Dirane, et une ex-compagne, Jacky Biho, séparée de lui depuis environ deux décennies. Cette dernière a non seulement assisté aux obsèques, mais a pris la parole publiquement, revendiquant une place dans la mémoire du défunt et évoquant les conditions de leur séparation passée.
Ce n’est pas anodin.
Parallèlement, des membres de la famille du défunt auraient exercé des pressions pour contester les décisions de la veuve sur l’organisation des funérailles. Foly Dirane avait pourtant, lors de l’une de ses dernières prises de parole publiques alors qu’il était encore lucide, exprimé son attachement à Tatiana. Ce détail compte. Il ne règle pas tout, mais il dit quelque chose sur la volonté du défunt lui-même.
Un précédent qui dépasse le cas Dirane
Ce n’est pas la première fois que ce type de situation se produit dans les cercles médiatiques camerounais. L’affaire Ekane avait déjà exposé la même faille : une veuve légale contestée dans ses droits au moment des funérailles, sous couvert de tradition familiale ou de pression de l’entourage.
Mais que dit la loi ? Au Cameroun, l’épouse légale dispose de droits reconnus sur les décisions liées aux obsèques de son conjoint. Rien, ni la pression familiale ni la présence d’une ancienne relation, ne peut légalement lui retirer ce droit. Pourtant, dans les faits, ces droits s’effacent souvent devant le rapport de force au sein de la famille élargie.
C’est là que le problème devient collectif. Ce qui est banalisé contre une femme aujourd’hui crée un précédent pour demain. Les sœurs du défunt, elles-mêmes épouses, devraient y réfléchir à deux fois. On ne sait pas encore comment cette situation évoluera juridiquement, ni si Tatiana Dirane choisira de faire valoir ses droits devant les instances compétentes.
Ce qui est sûr, c’est que chaque affaire de ce type érode un peu plus la protection concrète des veuves au Cameroun. Pas dans les textes, mais dans les pratiques. Et c’est précisément là que les droits meurent en silence.
Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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