Campagne électorale de 2014 : réquisitions lourdes contre Eric Jalton, jusqu’à 5 ans d’inéligibilité requis
Ce procès s’est tenu en deux temps. La matinée, tout d’abord. Haute en couleur et quelque peu chaotique. Haute en couleur en raison du jaune porté par les nombreux partisans du maire des Abymes. Le procès s’est en effet tenu à guichets fermés. Chaotique en raison des propos tenus par ce même Eric Jalton. Debout à la barre, les mains dans les poches, celui qui est poursuivi pour trafic d’influence passive interrompt les magistrats, refuse de répondre aux questions, invoque son droit au silence avant de partir dans une nouvelle diatribe. Un comportement qui a quelque peu agacé le tribunal, peu habitué à se voir ainsi bousculé.
Pour la partie civile, représentée par Me Olivier Chipan, l’attitude d’Eric Jalton est incompatible avec ses fonctions de maire.
« On se dit que quelqu’un qui a ce type de comportement, dans un tribunal, on peut imaginer le comportement qu’il a à l’extérieur et dans sa municipalité, et l’influence qu’il peut avoir sur, notamment, les personnes qui ont fait les témoignages très particuliers. »
Me Olivier Chipan, avocat d’Olivier Serva
La défense insiste, elle, sur la personnalité « sans-filtre » du maire des Abymes.
« … C’est quelqu’un qui dit ce qu’il pense et qui le dit spontanément. Il y a quand même quelque chose dans son attitude qui est plus proche de quelqu’un qui dit la vérité que de quelqu’un qui finasse. Et ça, je pense que la juridiction, même si elle a pu être agacée, a vu qu’elle avait affaire à quelqu’un qui ne rentrait pas dans des schémas consistant à essayer de tordre la réalité ou de l’édulcorer. »
Me Gérard Plumasseau, avocat d’Eric Jalton
L’après-midi s’est déroulé entre réquisition et plaidoiries. Ce fut froid, technique, presque soporifique.
Me Chipan a demandé 1 euro symbolique au nom d’Olivier Serva, seule partie civile dans ce dossier.
Le ministère public, lui, a eu la main beaucoup plus lourde. 18 mois de prison de sursis, 30 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité requis pour Eric Jalton et 10 mois avec sursis à l’encontre de Frantz Velayoudom, le mandataire financier de la campagne électorale des municipales de 2014. Un réquisitoire totalement remis en cause par les 3 avocats de la défense qui ont tous plaidé la relaxe de leur client.
Appelé à se prononcer en dernier, Eric Jalton a répété à la barre qu’il était innocent des faits qui lui étaient reprochés.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 30 juin prochain.
Cette affaire remonte à la campagne municipale de 2014 aux Abymes. Elle porte sur des soupçons de corruption autour de marchés publics et de financement électoral. L’accusation évoque des travaux réalisés avant le scrutin et des dépenses de campagne supposément prises en charge en échange de l’attribution ou du maintien d’un marché public d’entretien des routes.
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