L’entreprise minière ontarienne Canadian Copper a fait l’acquisition de la mine Caribou, près de Bathurst, au Nouveau-Brunswick.
Après que l’ancien propriétaire de la mine se fût mis à l’abri de ses créanciers, c’est le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui a entretenu le site. Depuis trois ans, les coûts d’entretien s’élèvent à 14 millions $ selon le ministre des Ressources naturelles, John Herron.
Mais maintenant, cette responsabilité reste avec Canadian Copper
, a affirmé ce dernier en entrevue.
John Herron croit que les retombées du projet qu’envisage l’entreprise ontarienne sur le site vont permettre de récupérer les dépenses liées à l’entretien des dernières années.
J’ai confiance qu’on aura ça et plus par année
, dit-il.
D’abord, Canadian Copper veut exploiter le gisement. Le zinc, l’or, l’argent et le plomb sont dans sa ligne de mire.
Ensuite, les extractions seront transportées par camion jusqu’à la mine Caribou, où elles seront traitées dans l’usine. Les minéraux seront alors extraits.
Il est à préciser que le plan de l’entreprise ne comprend pas d’extractions à la mine Caribou, uniquement l’emploi des installations.
Canadian Copper dispose du gisement de Murray Brook et de la mine Caribou, deux terrains qui se trouvent dans le camp minier de Bathurst.
L’entreprise espère pouvoir lancer les travaux en 2027 et les activités minières avant la fin de 2028.
Les sites miniers se trouvent à environ 30 minutes de Bathurst (Photo d’archives).
Photo : Radio-Canada / Charles-Étienne Drouin
Le plan comprend aussi la construction d’une route pour relier le gisement et la mine, qui sont séparés par environ 10 kilomètres.
Canadian Copper prévoit des activités 24 heures par jour pendant 14 ans et estime qu’elle emploiera 115 personnes à la fois.
En plus, l’entreprise estime qu’il faudra de 40 à 80 personnes pour la construction. Dans son communiqué, le gouvernement du Nouveau-Brunswick estime quant à lui que les travaux de construction pourraient créer environ 230 emplois.
Relancer le camp minier de Bathurst
De passage à Bathurst pour annoncer la vente du site, le ministre néo-brunswickois des Ressources naturelles, John Herron, a déclaré que cette nouvelle marquait encore une fois une autre étape importante dans notre aventure pour reprendre notre place comme chef de file national et mondial dans le secteur de l’exploitation et du développement minier.

Le ministre des Ressources naturelles, John Herron, dit que cette visite à Bathurst ne risque pas d’être dans ses dernières pour les prochaines années.
Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano
Si le projet va de l’avant, ce serait la première fois qu’un projet minier voit le jour dans le camp minier de Bathurst depuis 2013.
Quand on a commencé ici, on avait un but principal et c’était de voir le camp minier de Bathurst réémerger et être le moteur national qu’il a été autrefois
, a affirmé le PDG de Canadian Copper, Simon Quick, lors de la conférence de presse.
En entrevue, John Herron laisse sous-entendre que ce projet pourrait ne pas être le dernier dans la région.
On est en train de voir les autres opportunités dans l’avenir proche
, a-t-il dit.
De l’optimisme dans le nord
Le gisement de Murray Brook n’a été exploité qu’une seule fois, soit de 1990 à 1992.
La mine Caribou a pour sa part fait l’objet d’exploitations plus nombreuses, mais, depuis janvier 2023, c’est le gouvernement du Nouveau-Brunswick qui se charge de son entretien.
Son ancien exploitant, Trevali, s’est mis à l’abri de ses créanciers en août 2022.

Le chef de la Première Nation de Pabineau, Terry Richardson, était à la conférence de presse à Bathurst.
Photo : Radio-Canada
Terry Richardson, chef de la Première Nation de Pabineau, la plus proche du site minier, est content de voir un début de reprise des activités. Il dit d’ailleurs s’entretenir depuis trois ans avec l’entreprise Canadian Copper au sujet de ce projet.
Il dit faire confiance au projet parce que Canadian Copper recrute les bonnes personnes
.
Quand j’ai découvert que Simon a embauché Chris Stewart, qui travaillait pour Trevali, j’étais excité parce que Chris est un ami des Premières Nations. Nous avons travaillé avec Chris et il sait comment fonctionnent les Premières Nations.
La Première Nation de Pabineau était un partenaire du projet de Trevali et lui offrait des services de camionnage.
J’espère qu’on va avoir la chance d’être impliquées avec Canadian Copper encore
, a lancé Terry Richardson lors de la conférence de presse.
Le ministre des Finances néo-brunswickois et député de la région, René Legacy, lui a alors répondu : J’ai hâte à la prochaine annonce, je crois qu’elle ne devrait pas tarder
, alors qu’il reprenait le micro.
Au-delà de ce projet, Terry Richardson dit être en discussions avec d’autres entreprises et voit l’avenir minier de la région avec optimisme
Je peux pas dire trop à cause des [accords de non-divulgation], mais oui, on a d’autres discussions
, a-t-il lancé en entrevue.

La mairesse de Bathurst, Kim Chamberlain, était heureuse de voir les élus se « battre pour le nord ».
Photo : Radio-Canada
Son optimiste est partagée par la mairesse de Bathurst, Kim Chamberlain, qui remercie les ministres de se battre pour le nord.
On a beaucoup de [résidents] qui travaillent [et qui doivent faire] l’aller-retour, les vols deux semaines […] et puis il y en a plusieurs qui me contactent déjà et qui disent écoutes, j’aimerais bien être en mesure de rester chez nous et de ne pas avoir à voyager.
Lors de la conférence de presse, elle a souligné l’impact important qu’ont eu les fermetures de projets miniers pour sa communauté.
Cette annonce pour elle n’est donc que du positif et elle voit déjà en grand les retombées du projet.
On a entendu parler qu’il y aurait peut-être d’autres belles annonces qui s’en vient, puis que c’est juste un début parce que c’est un bijou dans la région qu’est-ce qu’on a.
Augmenter la population en même temps chez nous, on dit pas non
, affirme-t-elle.
Les fonds nécessaires
En avril, l’entreprise annonçait avoir reçu des garanties pour obtenir 96 millions de dollars.
Les sociétés OR Royalties et Ocean Partners s’étaient engagées à investir dans l’entreprise canadienne.
Plus tôt ce mois-ci, Canadian Copper annonçait avoir obtenu, auprès d’OR Royalties, les 44 derniers millions de dollars des 96 millions de dollars.
Même si l’entreprise ne touchera la majorité de ces fonds qu’une fois les activités lancées, Canadian Copper dispose désormais des fonds nécessaires pour entreprendre le projet, par exemple, déposer son étude d’impact environnemental.
Cette dernière a d’ailleurs été déposée ce mois-ci au ministère de l’Environnement, qui est en train de la réviser.
Le PDG de l’entreprise, Simon Quick, n’est pas trop inquiet à ce sujet.
Non [le projet] a été négocié il y a longtemps avec le gouvernement du Nouveau-Brunswick, de bonne foi bien sûr
, a-t-il affirmé en entrevue.

Simon Quick est le PDG de Canadian Copper.
Photo : Radio-Canada
Le ministre John Herron, quant à lui, est d’avis que l’impact environnemental du projet ne sera pas tellement grand.
L’application environnementale n’est pas difficile comme pour un projet qui est vraiment neuf
, a-t-il expliqué.
Le gouvernement du Nouveau-Brunswick s’est doté d’une stratégie minière cette année, déterminé à relancer ce secteur peu actif dans la province, qui a pourtant occupé une place importante dans l’économie autrefois.
Avec des informations d’Esther Chaumont-Goneau
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