« Ce n’est pas normal qu’on ne nous dise rien » : l’impuissance d’une usagère face à la casse du réseau d’eau
Alors que la situation s’améliorait ces derniers jours après un week-end difficile, les pannes s’accumulent sur le réseau et se gèrent au quotidien. Ce jeudi 30 juillet, 14 000 foyers restent privés d’eau potable.
En cause : une importante casse survenue lors de travaux de Cap Nord pour la CTM sur la conduite d’adduction de la rivière Galion et celle de la CTM à Trinité.
D’autres casses touchent aussi les réseaux des réservoirs « Baie des Mulets » et « Morne Acajou ».
Une situation critique au François
Au François, près de la moitié du territoire subit des coupures.
Des quartiers comme Morne Pitault et Morne Serpent, bien qu’alimentés par deux fournisseurs différents, sont pénalisés depuis plus d’une semaine. Face à cette situation, une habitante exprime son quotidien paralysé :
Ça fait neuf jours pratiquement que nous sommes sans eau. Nous avons eu quelques petites gouttes qui ont coulé pas pendant longtemps. C’est une situation qui est particulièrement paralysante. C’est une période de vacances. Nous recevons du monde. Les enfants ne sont pas à l’école. Il y a des gens en congé. Pour des questions d’hygiène, ce n’est pas normal de traiter une population comme cela. Ce n’est pas normal qu’on ne nous dise rien.
Elle dénonce également une rupture d’équité et l’incompréhension face à l’organisation des réseaux :
Ça fait neuf jours que nous sommes sans eau. On a des explications qu’on va chercher, mais même les explications, on ne les comprend pas. Il y a des personnes qui sont sur le même réseau que nous, qui ont de l’eau. Même si nous sommes situés effectivement en hauteur, ça va au-delà des explications qu’on nous donne. Et ce n’est pas normal que pendant neuf jours, des personnes soient en souffrance comme ça. C’est de la maltraitance. Pendant qu’une partie de la population s’amuse et puis une autre est en souffrance, mais où est l’équité dans tout ça ?
L’exaspération est d’autant plus vive que les difficultés de transport compliquent le ravitaillement :
Mais non, c’est mettre les gens en colère. Moi, je vous parle là, je suis en colère. Et pour couronner le tout, il n’y a pas de bus. Donc, les personnes qui n’ont pas de voiture ne peuvent même pas aller au supermarché acheter des packs d’eau.
Le manque d’informations dénoncé
Rappelant l’obligation de réactivité liée aux abonnements des usagers, elle interpelle directement les services gestionnaires sur leurs responsabilités :
On ne va pas à chaque fois, bloquer des rues. On ne va pas à chaque fois, monter au créneau. Ce ne sont pas des situations normales. Les gens payent leur facture. C’est un service public qu’on mette en œuvre tout ce qu’il faut pour réparer, pour que nous puissions être rétablis en eau. Neuf jours, vous avez du monde chez vous, vous n’avez pas d’eau, ça ne va pas durer quand même.
En conclusion, elle déplore l’opacité totale de la gestion de crise et le manque total de transparence de la part des autorités :
On dit neuf, mais ça a commencé, ça fait bien une dizaine de jours. C’était des soubresauts de coupures. Et puis là, maintenant, soit on nous a oublié ou bien soit, notre situation importe peu. On a parlé de cellules de crise, mais je ne sais pas pour qui. Et il n’y a pas des points réguliers, quotidiens pour dire qu’aujourdhui on a fait telle ou telle chose, et qu’on avance. Rien. On ne vous donne même pas de date de retour. Il n’y a rien. Il n’y a rien.
Sur le terrain, des citernes ont été installées au Morne Pitault, à Sainte-Luce et aux Trois-Îlets par la SME, en cellule de crise depuis mardi (28 juillet), mais elles ne sont pas encore alimentées.
Des packs d’eau sont distribués aux clients les plus impactés et les plus fragiles. À ce stade, aucun retour à la normale n’a été annoncé.
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