C’est quoi le Plan ORSAN 2 de la France face à la canicule ?

Alors qu’une grande partie de la France est placée en vigilance rouge canicule, le gouvernement de Sébastien Lecornu a enclenché, mardi 23 juin, le plan ORSAN au niveau 2, un dispositif exceptionnel destiné à préparer le système de santé à une montée en tension rapide. Une décision inédite à cette échelle, prise alors que les services d’urgence enregistrent déjà une hausse des passages liée aux effets de la chaleur.

Un dispositif national pour les situations sanitaires exceptionnelles

Derrière l’acronyme ORSAN – Organisation de la Réponse du Système de Santé en Situations Sanitaires Exceptionnelles – se cache le principal outil de gestion de crise sanitaire du pays. Créé par le ministère de la Santé, il permet de coordonner l’ensemble des acteurs du soin lorsqu’un événement risque de saturer les capacités hospitalières : hôpitaux, cliniques, médecine de ville, Samu, Ehpad.

Contrairement au plan blanc, limité à un établissement, l’ORSAN s’applique à l’échelle d’un territoire ou du pays entier. Il définit les parcours de soins, organise les filières de prise en charge et garantit la continuité des soins courants malgré l’afflux de patients.

Un plan en 5 volets

Le plan ORSAN comporte cinq volets : attentats/accidents majeurs (AMAVI), risques psychiques (MEDICO PSY), risques épidémiques (REB), risques nucléaires/radiologiques (NRC) et EPI CLIM, dédié aux événements climatiques comme le grand froid, la pollution… ou la canicule.
C’est ce dernier qui a été activé face à l’épisode de chaleur exceptionnel.

Pourquoi un niveau 2 ?

Le niveau 2 – sur une échelle de 4 – marque une mobilisation renforcée du système de santé.
Selon le Premier ministre, cette activation vise à :

  • renforcer les capacités de régulation médicale,
  • mobiliser les personnels nécessaires au fonctionnement des hôpitaux,
  • coordonner pleinement médecine de ville, hôpitaux, cliniques et Ehpad,
  • adapter les activités, notamment via des déprogrammations ciblées si nécessaire.

Le ministère de la Santé précise que ce niveau permet « d’activer progressivement des leviers » en fonction de la tension observée : monitoring quotidien des capacités hospitalières, surveillance des plannings de garde, mobilisation des cabinets libéraux, mise en œuvre du plan bleu dans les Ehpad.

Pour l’heure, seules des déprogrammations limitées sont envisagées, sans réquisition de personnel.

Une décision prise alors que les effets sanitaires commencent à se faire sentir

Les autorités anticipent une hausse des décompensations dans les cinq à dix jours suivant le début de la vague de chaleur, un délai classique observé lors des précédents épisodes caniculaires. Les passages aux urgences sont déjà en légère augmentation dans certaines régions.

Le gouvernement insiste également sur la vigilance envers les personnes isolées, les patients chroniques, les personnes âgées et les travailleurs exposés, rappelant que la mortalité liée à la chaleur reste largement évitable lorsque les mesures de prévention sont appliquées.

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